samedi 1 janvier 2011

Le salon est ici




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4 014 commentaires:

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Philippe Renève a dit…

Ah. Quand on parle de clébard, Ranta se sent visé. Mais on ne t'a rien demandé, mon ami.

Philippe Renève a dit…

Nous avons commencé une nouvelle page. Les précédents commentaires sont ici.

Philippe Renève a dit…

Il n'était pas interdit de penser que le fameux Frédéric Lefebvre en rajoutait dans l'apparence de la naïveté, de la mauvaise foi voire de la faiblesse d'esprit.
Détrompons-nous : il s'applique actuellement avec succès à confirmer que tout cela est bien réel, pas du tout feint (l'orthographe de ce mot peut varier) et est partie intégrante de son attachante personnalité. Voyez son dernier coup d'éclat, qui montre une belle persévérance dans l'art difficile de la politique farfelue.

emile red a dit…

Ranta ?

Ah, le toutou à son papa qui ne sait ni écrire, ni lire, ni ouvrir un dictionnaire, ni comprendre la signification d'un mot qui dépasse les quelques cellules grises perdues au tréfonds d'un crâne sclérosé...
Le caniche si cultivé qui lorsqu'il lit "construire un discours idéologique" comprend "athéisme" tellement il est persuadé que ce discours qu'il pratique religieusement avec ses amis est la définition de l'athéisme...

Pour souffrir un peu moins et varier les insultes :

essentialisme nom masculin (latin essentialis, essentiel) : Philosophie qui considère qu'il existe des essences propres à chaque chose, à chaque être.

essence nom féminin (latin essentia, de esse, être) : Nature propre à une chose, à un être, ce qui les constitue fondamentalement : On touche là à l'essence même de l'homme.

athéisme nom masculin :
- Doctrine qui nie l'existence de Dieu. (Cette position philosophique ne se confond ni avec l'agnosticisme, qui est le refus de prendre parti dans les débats métaphysiques, ni avec le panthéisme, qui implique que Dieu puisse exister partout dans l'univers et se confondre avec lui.)
- Attitude de quelqu'un qui nie l'existence de Dieu ; incroyance religieuse.

Puisque nous en sommes aux questions et aux réponses, nos moqueurs amis si prompts à se poser en maître hautement supérieurs de la pensée rationnelle, après nous avoir enseigné les méfaits de l'arabe, pardon du musulman, de sa religion et de sa culture, après nous avoir démontrer combien le tzigane est une plaie incicatrisable et son effet pervers sur notre noble société, nos amis donc, après nous avoir enseigné les vérités vraies et indiscutables, ne nous ont toujours donné aucune solution.
Que faut il faire de ces barbares qui envahissent nos plaines et nos montagne, qui garnissent nos assiettes de leur rebuts, qui sont récalcitrants à imiter notre grandeur ô combien extraordinaire, qui se refusent à suivre la voie divine que nous traçons à la sueur du front de nos ouvriers, qui peuplent nos prisons et nos hôpitaux parce que délits, crimes ou pathologies et irresponsabilité sont leur nature profonde.

Alors Grands Sachems quelles sont vos solutions, votre vision de l'avenir de tous ces renégats attardés, de ces sous-espèces humaines ? Éclairez nos lumières de votre vivifiante et incomparable pensée...

Répondez que Diable (oupsss!)!

Philippe Renève a dit…

Pas de réponse ; voilà qui confirme que ces gens-là n'ont de courage que dans l'insulte et la calomnie.

Philippe Renève a dit…

Aujourd'hui 15 août, fête religieuse catholique et, pour cette raison, jour férié en France. Les laïcs purs et durs ne semblent pas gênés de cette situation qui devrait les scandaliser ; contre toute logique, ils semblent supporter sans états d'âme – pardon, de Raison – que la République célèbre ainsi l'obscurantisme et la superstition.

Saperlipopette, y aurait-il des laïcs modérés ?

emile red a dit…

Non, mais tu comprends, nous sommes dans une civilisation judéo-chrétienne...

Judéo-, parce qu'il fut une longue période où il était bon de trouver un bouc émissaire, -chrétienne, parce que avant l'ère du petit Jésus, l'homme n'était rien, ne créait rien, ne pensait pas.
Il est, d'ailleurs, paradoxal que dans cette société judéo-chrétienne, seules les fêtes chrétiennes soient fériées.

Il est tout de même étrange et questionnant que les laïcards puissent se révolter contre les accommodements à la canadienne, qu'en laïc je réprouve totalement, et s'accommoder sans sourciller de ces entorses au principe de laïcité, comme ils ne se font entendre contre la diffusion de services religieux ou contre les présences ostensibles de religieux sur le service publique télévisuel.
Voir un foulard traverser la rue les scandalise quand entendre les centaines de propos réactionnaires, homophobes, racistes, sectaires et violents de la Manif pour Tous ne semble pas les déranger outre mesure.

On en viendrait à s'interroger sur l'honnêteté de ces gens qui font plus pour promouvoir la sainte trinité que pour défendre l'égalité et la liberté des citoyens. En tout cas, il y a un véritable parallèle (confusion ?) entre la démarche prosélyte chrétienne qui se veut unique, supérieure et universelle et ce laïcisme des laïcards dans leur vision ethnocentrée, arrogante et universaliste.
Ne sont-ils pas arc-boutés sur leur fantasmagorie qui positionne cette laïcité dévoyée au même exact centre de la société revendiqué par les catholiques au point qu'il devient difficile de les distinguer tant les discours se sont affranchis de leur opposition et se mêlent dans les revendications identitaires.

C'est après ce constat qu'il devient aisé de comprendre comment le FN, et pas seulement, en vient à se revendiquer laïque et se prosterne en pleine rue devant sainte Jehanne, comment les identitaires s'élèvent non pas contre les signes religieux musulmans, nonobstant la xénophobie sous-jacente, mais pour l'omnipotence catholique, comment les laïcards acceptent toutes ces dérives religieuses de l'extrême droite, voyant dans cette mouvance les seuls dépositaires de ce simulacre de laïcité en totale contradiction avec l'esprit de neutralité de la loi.

Il n'est exemple que cet argument de l'appropriation du politique par l'islam, ou le bouddhisme, ou l'hindouisme, qu'importe, alors qu'il convient aux laïcards de passer effrontément sur les deux mille ans de pouvoir catholique qui perdurent encore aujourd'hui dans l'édiction de la plupart des actes républicains dont la morale est intrinsèquement chrétienne. La collusion est si complaisante que jamais ils ne s'érigent contre les longueurs, les atermoiements, les abandons par le législateur de textes qui froisseraient la nomenclature ecclésiastique ou son cheptel abêti.

Pour finir, il est opportun de signaler le culte de la conspiration qui agite ces frénétiques, tant, qu'ils n'hésitent pas à cultiver l'antinomie entre la fameuse "islamisation", promise par l'extrême droite, et l'infériorité intellectuelle et culturelle des peuples islamisés dont ils sont convaincus. En effet, on peut se demander par quels moyens surnaturels, de stupides incultes pourraient venir à bout d'une civilisation supérieure dotée de tous les moyens techniques, intellectuels et culturels pour faire face.

Encore une question à laquelle nous n'aurons jamais de réponse, parce que, comme pour la précédente, ils n'en ont pas...

Wald a dit…

Salut Emile, à défauts d'arguments, tu auras les aboiements de vieux clébards édentés dont on n'a plus à craindre que l'haleine fétide.

Bonnes vacances, je ne fais que passer

Philippe Renève a dit…

Bonnes vacances, Wald.

emile red a dit…

Tu sais Wald, je ne m'attends à rien, l'hypocrisie étant le cœur des larves fascistes.

- Endormir le client en parlant du superficiel pour ne pas avoir à se prononcer sur le fond.
- Lire "dimanche" et gloser dessus quand le mot est absent, mais ne surtout pas s'expliquer sur les jours fériés, non pas sur le jour chômé, mais sur la conservation du sens religieux de ceux-ci.
- Se sentir accuser de propos captieux quand c'est le silence coupable qui leur est reproché.
- Etc...

Inutile de ratiociner, quand l'insulte fait place à l'argument, quand la calomnie sert de parade, quand la délation devient une seconde nature, il n'y a plus rien à attendre d'individus ayant échangé leur raison contre l'ignominie.

D'ailleurs comment être rationnel avec des olibrius qui érigent la torture en nécessité incontournable nonobstant le risque de l'appliquer aux innocents, mais qui accusent, sans retenue, celui qui s'exprime contre celle-ci de cautionner l'excision ou toute persécution dégradante. Comme si le non-dit, parce qu'évident, pouvait être avancé en tant qu'acceptation. Faut-il que ces rodomonts aient l'esprit dérangé pour établir de telles déductions d'autant plus qu'ils ont perdu tout sens de justice et d'humanité.

Et, comme précédemment, toujours le prêche dans la contradiction, dans le mensonge et dans la haine de l'autre, cet inconnu dangereux qui dérange le petit confort personnel du petit bourgeois installé revendiquant son droit contre tous les droits, sa liberté contre toutes les libertés.
Leur égoïste surdité schizophrène édifiée en règlement social, voilà ce qu'est la substance de leur fascisme...

Bonnes vacances Wald.

Philippe Renève a dit…

Emile, tu as très bien résumé. Maintenant nous parlerons d'autre chose ; quoi que ce soit ce sera bien plus intéressant.

Tenez, une nouvelle curieuse : L'olinguito, une nouvelle espèce de mammifère identifiée dans les Andes. Le monde vivant est moins connu qu'on ne croit.

wald a dit…

Salut tout le monde,

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20130821.OBS3766/un-stagiaire-de-bank-of-america-mort-d-epuisement.html

L'avenir radieux est en marche et rien ne pourra l'arrêter.

Blague à part, il n'y a ici qu'une logique profonde poussée à son paroxysme.

emile red a dit…

Donc, il faut le déplacement de 6 ministres pour nous annoncer que le changement est destiné à ne pas être.
Marseille restera la vitrine du commerce de la dope et des armes.

Quand tous les spécialistes, tous les professionnels, l'armée, les syndicats de police, les magistrats et les travailleurs sociaux persistent à dire que le retour à la police de proximité sera l'unique solution à la pacification de la cité, nos gouvernants, ministre de l'intérieur et de l'obstination stupide en tête, préfèrent le paraître d'un amoncellement sans fin de fonctionnaires, expérience qui dure et prouve son innocuité depuis bientôt une décennie.

La violence n'a jamais été inexorable, mais à voir la stérilité compulsive des actions politiques pour l'enrayer ne peut que conforter l'idée que l'objectif sécuritaire demeure le premier des atouts électoraux et qu'il n'est surtout pas urgent de prendre des mesures radicales pour en promettre encore et encore lors des prochains scrutins.

Et nous voyons réapparaître, chez nos vieux socialistes, les vieux serpents de mer, si chers à la droite extrême, tels que regroupement familial ou intégration dont personne ne peut affirmer qu'ils participent à l'avalanche criminelle qui noircit le ciel bleu de cette seule ville. Du reste, comment ne pas se souvenir que la criminalité liée à la drogue a toujours été une particularité du port phocéen, du temps où l'immigration n'était qu'embryonnaire, du temps où les grandes familles italiennes, corses ou locales avaient la main mise sur tous les trafics.

Si les problèmes sociaux poussent à la délinquance, attribuer celle-ci aux populations immigrées serait malséant tant celles si sont en constante mutation dans un port et d'autant plus malhonnête en éludant le long passif de la ville.

Décidément, nos politiques, de droite ou de gauche, persistent à ne voir que les résultats sans jamais analyser les causes. Que ce soit socialement, la pauvreté, la déshérence des jeunes ou le chômage, administrativement, l'inadaptation policière, l'imprévoyance douanière, la gestion portuaire, ou physiquement, situation géographique, typologie et dimension de la ville, la désaffection de l'état dans tous les interstices de la société est propice à l'ensemble des activités parallèles, de la plus petite délinquance au crime organisé. Et alors qu'un vaste plan de redressement avec les personnels et les moyens adaptés serait nécessaire, nous assistons uniquement à de grands effets de manche, à des promesses vaines et au constant satisfecit d'une situation afin de promouvoir le pouvoir par la démagogie et les manœuvres électoralistes...

Philippe Renève a dit…

C'est de la communication : au lieu de s'attaquer aux causes, on brasse de l'air, on déplace des ministres et des cameramen, on promet, on parle, on parle. On déplace quelques policiers et des CRS, qui manqueront forcément là où on les a pris, mais pas question de police de proximité alors qu'on voit mal comment s'attaquer à une délinquance quotidienne sans une présence permanente sur le terrain.

Mais nous savons bien que la politique n'est plus l'art de gouverner un pays ; elle est l'art d'arriver au pouvoir par des promesses et de s'y maintenir par d'autres promesses.

Philippe Renève a dit…

Salut Wald, excuse ma réponse tardive !
C'est le triomphe du taylorisme moderne, du patron-roi, de l'actionnaire tout-puissant. Un siècle et demi de luttes ouvrières plus tard, les maîtres de forges sont toujours là : ils portent cravate et fierté de leur domination, ils se disent banquiers et mènent la danse des délocalisations, des baisses de salaires et du chômage.

Philippe Renève a dit…

Il y a des informations qui font sauter au plafond.

Aujourd'hui, après le décès d'un détenu à la maison d'arrêt de Blois, on apprend que « Le personnel en service de nuit n'a pas accès à la cellule, cela veut dire que nous n'avons pas les clés. Quand il y a une situation d'urgence, on appelle ce premier surveillant, qui lui en fonction de ce qu'on lui fait savoir, se déplace à l'établissement, tout cela se fait très vite (sic).»

En cas de problème grave – de santé, incendie, bagarre etc. –, on attend donc les clés. Invraisemblable.

Anonyme a dit…

Bonjour,
Je prends en marche le débat sur "l'appropriation de la politique par le religieux"..

La politique, comme la nature, a horreur du vide. Avec la bipolarité du monde s'est écroulé un face-à-face entre deux visions du monde : l'une capitaliste, l'autre collectiviste.

Cette disparition a été suivie de crises identitaires. La lutte des classes permettait une identité structurante, celle de prolétaire..

En face, la bipolarité structurait le camp de la "Bourgeoisie" et les partis de droite se définissaient par leur position anticommuniste.

Si le vide a très vite été rempli dans le monde oriental par cette nouvelle identité que proposait le religieux, le monde occidental a été à la traîne.

Ce n'est qu'à partir des années quatre-vingt-dix que l'Amérique a vu apparaître une droite "religieuse" à la suite d'une petite décennie de "réarmement moral". Tout ça pour quoi ? Pour aboutir à la défaite des Tea Parties et l'envoi aux poubelles de l'Histoire de la sinistre Sarah Pailin..

En Turquie, en Egypte, en Tunisie. l'instrumentalisation religieuse est rejetée par une partie de la population qui n'hésite plus à faire entendre sa voix..

Et ici ?

On nous rebat les oreilles régulièrement avec un renvoi à l'archaïsme de "racines chrétiennes de l'Europe" et à l'occasion d'un débat sociétal, on voit revenir des excités en prières dans les rues, avec qui les ténors de l'UMP n'hésitent pas à défiler.

Sinon, bonnes vacances à ceux qui en profitent encore !

GéBé

Philippe Renève a dit…

Gazi, c'est bien ça : pendant 70 ans, pour beaucoup l'espoir venait du communisme. Après son naufrage et le retour triomphal du capitalisme sauvage qui a fait disparaître toute possibilité de révolution politique, les religieux ont peu à peu occupé une partie du terrain des lendemains qui chantent.

Personnellement, je ne crois pas que troquer une espérance terrestre contre des promesses métaphysiques soit une bonne affaire.

Philippe Renève a dit…

En Suède, des féministes défendent le droit des femmes à porter le voile musulman.

Voilà qui pose le problème de la liberté individuelle face à la défense de la laïcité.
Dans nos pays, on ne sache pas que les monsignori, évêques et cardinaux, soient interdits de soutane – qu'ils ont fort colorée et voyante – dans les lieux publics.

Anonyme a dit…

La soutane, chacun le sait est le signe de l'impureté du prélat...

Philippe Renève a dit…

Mais encore ? !

emile red a dit…

Notre anonyme confond tout.

La soutane est l'affichage publicitaire de la pédophilie, à chaque couleur son classement.
Il faut dire que notre anonyme s'il est choqué du hijab, l'est beaucoup moins quant à faire la promotion des écrits de tel ou tel pédéraste revendiqué.

Finalement c'est un choix de société, la tolérance d'un côté à laisser à chacun le droit de se tromper en respectant son libre arbitre ou l'autoritarisme à imposer des pratiques perverses à des enfants encore malléables.

Il y a certainement des victimes chez les femmes voilées qu'elles soient Suédoises, Russes ou Chinoises, mais chez les enfants subissant les assauts d'écrivaillons cyclothymiques pédophiles, il n'y a que des victimes...

Philippe Renève a dit…

Excellemment dit, Emile.

Autre chose : Depardieu est vraiment un type merveilleux. Hier il déclarait qu'il n'est « jamais parti » de France ; aujourd'hui il est fait citoyen d'honneur du village belge de Néchin.

Gégé est l'illustration vivante (et bedonnante) de la mention L'abus d'alcool nuit à la santé.

Philippe Renève a dit…

Mon ami Charles-Hubert Marchipoutre de Lambidouille, toujours discret mais efficace (merci, Charles-Hubert), me signale cet article : Le Trésor américain accusé d’avoir vendu le monde aux banquiers.
Même s'il s'avérait que les choses ne se sont pas passées ainsi, le fond de l'affaire et le résultat sont bien réels.

emile red a dit…

Il y a des soirs où je ramasse les étrons canins un peu n'importe où.

Ce peut-il qu'il y ait des chiens aussi stupides à déféquer à la moindre angoisse ?

Tu les regardes dans les yeux, tu les imites, tu finis même par les singer, rien y fait, ils demeurent perdus dans les circonvolutions défaillantes d'un cerveau sclérosé, l’œil vitreux et hagard, la langue sèche et pendante, les oreilles inutiles.

La bestiole marmonne, bégaie, jargouine, s'étale et se répand en filets odorants, saumâtres et jaunes, infectant l'air de ses miasmes croupis et brouillés.

Et pourtant, malgré ces centaines d'efforts rougeoyants, le regard reste morne et la lumière éteinte...

Philippe Renève a dit…

Beuark !

Anonyme a dit…

Des chiens sans éducation morale et physique qui ressemblent tant à leurs maîtres. N'est pas Croc Blanc qui veut.

Jeanne

Anonyme a dit…

A méditer ici :
"Or, il [l'islam] emprunte pour l’instant le chemin inverse de l’obscurantisme, sous la protection d’une gauche imbécile qui renie ses plus beaux combats pour la laïcité et le droit des femmes et qui se trompe de danger en désignant, d’une manière pavlovienne, une extrême-droite dont la réactivité n’est que le révélateur d’une gravissime capitulation collective."
Y. Rioufol

emile red a dit…

A méditer ?

Les tristes comiques sont de sortie, ces pantins qui ne veulent surtout pas qu'on exige quoi que ce soit d'eux et pleurnichent dès qu'ils entendent un mot dérangeant les larves qui sommeillent en eux.

Donc, Rioufol ce larbin frontiste, ce suppôt de riposte laïque, cette fiente de la non pensée fascisante serait à méditer, il n'y a plus guère de doute sur le marigot fétide d'où provient ce genre d'injonction.
Une nouvelle fois, on sent bien ce qui s'oppose ici, non pas la prise de position de laïcs contre l'obscurantisme, non pas le choix neutre d'une vision constructive pour une société apaisée s'opposant à toutes les sectes de la plus grande à l'infime, non pas ce point de vue humaniste qui fit la grandeur des hommes prenant la voie de la laïcité.

Non, ils veulent nous imposer un spécialiste de la navigation à vue, des vols sans visibilité, un fervent catholique, rompant avec toutes les prétentions affichées de la république et de sa constitution, bref, nous imposer un pré-négationniste plus proche de Reynouard que de Jaures, un intégriste contre un intégrisme.

Mais pourquoi s'étonner de ce choix, ne sont-ce point les mêmes qui font appel au pédophile Matzneff, au tortionnaire Bigeard, qui fricotent par l'entremise de RL avec la démente Tasin, zélatrice de l'ultra-sionisme ou avec l'idiote anti-avortement Picard proche du BI, les mêmes qui se gargarisent de Zelensky perdue dans les méandres de sa mémoire défaillante.

Voilà donc ces pieds nickelés qui veulent imposer leur diktat comme force vérité quand tous les signaux qu'ils allument sont au glauque du fascisme beauf, bob Ricard et fusil à pompe en bandoulière, attaque en meute et radio corbeau comme méthode. Du marxiste d'opérette au troufion imaginaire, du cuistot en campagne au touriste organisé, du crincrin de baloche au footeux bourbeux, ces croquemitaines ont décidé de se venger de leur minable vie d'oubliés de banlieue et pour se faire, veulerie en avant, ont choisi des ennemis à leur mesure, plus faibles, moins malins, plus miséreux, moins éduqués.

Et ces courageux histrions se croient investis d'une mission divine : nous donner à méditer...

Pauvres gens.

Anonyme a dit…

Tut, tut, faut lire encore. Faut vous instruire :

"A gauche, elles [les élites] ont fantasmé le musulman en nouveau prolétaire défendu par l’islam révolutionnaire; à droite, elles ont fait les yeux doux à "l’islamisme modéré", sottement comparé à la démocratie-chrétienne. Tous ces irréfléchis ont ouvert les portes au Qatar, soutien des Frères et de leur islamo-fascisme dénoncé par la rue arabe. En France, ces interlocuteur reconnus, obsédés par la haine des Juifs et d’Israël, oeuvrent à islamiser les cités en brandissant la non-discrimination et l’antiracisme sous les encouragements des Verts. Ils développent une stratégie qui passe par la "visibilité" de la "communauté", à travers le voile ou le hallal en tout. Ces idéologues agitent l’islamophobie pour un rien, mais s’en prennent, en Egypte, aux Chrétiens coptes, à leurs églises, leurs couvents, leurs écoles. "Les Frères musulmans sont farouchement antichrétiens", prévient Tewfik Aclimandos, chercheur au Collège de France, spécialiste du monde arabe (Le Figaro, 17-18 août). Ce sont pourtant eux qui donnent des leçons d’humanisme, de tolérance et de droits de l’homme et insultent ceux qui mettent en garde contre leur pratique, autorisée par l’islam radical, de la dissimulation et du double discours."

emile red a dit…

Sérieusement, pour qui te prends-tu pour vouloir nous instruire ?

Il y a quelque chose que tu n'assimiles pas : tu seras peut-être crédible, audible, lisible quand tu auras le courage d'écrire hors anonymat et en variant les sources de tes tirades.
Pour l'instant, tu récites tes mantras comme un gamin ses tables de multiplication.
En dehors de faire plaisir à tes maîtres, de te libérer de tes fantasmes, tu ne convaincs personne, encore moins ici qu'ailleurs.

Tu veux nous enjoindre à lire, mais lis-tu autre chose que ta bible-Figaro ou ton coran-FdeSouche ?
Je sais bien qu'il t'est difficile d'admettre que tes obsessions ne sont pas universelles, mais si quelqu'un doit faire un effort de lecture, tu es l'exemple patent. Lire n'est pas se cantonner à additionner quelques mots ou quelques phrases et les mixer de telle manière qu'ils fassent des textes aux mêmes sens dans un ordre différent ; Camus, Hugo ou Rabelais, parmi tant d'autres, te tendent les bras.

Alors comme tu klaxonnes si bien, un petit "tut tut" en réponse à la morgue qui te sert de "bonjour" : l'islam, les musulmans, les chrétiens, cathos ou coptes et toutes les bondieuseries qui accompagnent, on s'en fout, ça ne remplit pas les assiettes et surtout ça ne cache pas les problèmes économiques ou sociaux qui gangrènent le monde.
Il faut vraiment ne rien avoir à s'occuper, n'avoir aucun souci, être atteint d'une furieuse hantise pour être obnubilé de la sorte et surtout tirer des conclusions qui ne peuvent provenir que d'un cerveau tourmenté.

Tu pourras intervenir dix fois, vingt fois, tu ne feras pas d'un athée un moine et ne réduira pas l'esprit de la laïcité à une vulgaire croisade xénophobe et à moins d'imposer par la force, avec la fange totalitaire que tu agrées, un nouveau modèle de société tyrannique, la république ne se pliera jamais à ce totalitarisme sectateur que tu appelles de tous tes vœux.

Et puisque tu te permets des conseils, sors, va rencontrer du monde, utilise ton temps à servir la solidarité, cultive-toi et laisse nous vivre...

Salut !

Anonyme a dit…

Tout le monde peut aprendre et à tout age...

emile red a dit…

Tout le monde peut apprendre...

Profite de cette belle parole pour apprendre l'orthographe, ça ne peut que t'être bénéfique.

Anonyme a dit…

La science des ânes ?

emile red a dit…

Ô, refrain d'ignorance que tout cancre use pour absoudre ses déficiences.

Mais où donc s'est envolé le respect des valeurs nationales que tu réclames à corps et à cris, la géométrie variable en serait-elle le socle ?

Anonyme a dit…

Il n'y apas que l'orthographe à protéger dans une langue, aussi le style. Et une "géométrie variable" qui serait un "socle" du "respect de valeurs nationales", on croirait lire du Achille Talon. Même pas une rédaction d'un élève de 3e...

emile red a dit…

Toujours une foultitude d'arguments.

Le style, tu en parles comme une vierge parle d'amour. Je suis juste surpris qu'un esprit si insignifiant connaisse Achille Talon, tu aurais donc ouvert un livre, un jour. Chapeau !

Sinon, exceptée la platitude stérile de tes "propos" creux et négligeables, quelle est ton utilité ?

Anonyme a dit…

Je m'aime bien.

Anonyme a dit…

Enfin un aveu sincère et spontané d'une vacuité dont on se doutait un peu.

Jeanne

emile red a dit…

Le pauvre Ovide doit se retourner dans sa tombe.
Jamais il n'aurait imaginé une conclusion si ordinaire à son Narcisse.

Pense donc, plutôt que dépérir d'amour pour son image aux chants d'Echo, tel le singe, le grotesque s'évertue à ne rien dire, ne rien entendre, ne rien voir.

Toujours doté du courage du lâche, il ne prend aucun risque à substituer le ridicule à la mort, sachant avec pertinence que celui-ci ne tue pas...

Anonyme a dit…

Loin de moi l'idée de me mêler mais...
Il me semble bien que l'expression n'est pas "à corps et à cris", ce qui ne voudrait rien dire, mais "à cor et à cri".
Rien de grave en somme, mais lorsque l'on se pique de donner des leçons...

Anonyme a dit…

Ouarf !

Philippe Renève a dit…

Je me suis absenté quelques jours et voilà qu'un courageux anonyme nous pourrit le salon. Merci, les amis, d'avoir répondu à ses balivernes.
Quelqu'un qui cite Rioufol pour tout potage argumentaire montre à la fois son manque de pensée autonome et le caractère clairement ultradroitiste de ses idées.

Anonyme rioufolien, je n'ai pas l'intention de laisser ce fil devenir une annexe de la décharge municipale ni une poubelle du Figaro. Donc abstenez-vous à l'avenir de ce genre d'imbécillité sous peine d'effacement de vos commentaires.

Philippe Renève a dit…

On se disait « Tiens, ils ont quand même osé augmenter les cotisations patronales pour la réforme des retraites ». Que non point : Pierre Moscovici assure que la hausse des cotisations patronales retraite sera «intégralement» compensée dès 2014".
Bientôt Hollande battra Sarkozy en matière de cadeaux aux entreprises. Moins à gauche que ces socialistes-là, tu rejoins la Marine.

emile red a dit…

Bonjour, Tartuffe, je vois que tu as laissé un nouveau pâté...
Trente deux heures pour réagir, le temps d'aller consulter et de revenir fier d'un nouveau savoir, c'est parfait, tu devrais nous être reconnaissant.

Toutefois, ce savoir succinct n'est qu'une duperie, le mentor qui t'a soufflé ce détail aurait dû t'enseigner, par la même occasion, le mot tempérance.

Si, Monsieur, "à corps et à cris" a bien une signification, celle que la langue m'autorise au vu et au su de ce que tu baragouines depuis que te pousse l'arrogance de quelques timoniers. Tes beuglements haineux, tes spasmes suants qui émanent de cette prose que tu répands comme un bovin répand son urine, trouvent toute leur raison dans ma locution. En supplément, il serait indécent d'insulter les joueurs de cor en les impliquant dans tes turpitudes lexicales.

Il est vrai, et tu l'as prouvé, que l'analyse n'est pas une de tes qualités, mais en as-tu, en attendant, puisque tu m'accuses de vouloir donner des leçons, à mon corps défendant, je vais profiter de ta stupide candeur pour te donner un bon conseil : les conseilleurs ne sont pas les payeurs et tu n'as rien à gagner des bateleurs qui te soufflent dans l'ombre les niaiseries que tu débites.

Sur ce, je clos définitivement le dialogue auquel tu n'apportes rien si ce n'est tes borborygmes flatulents qui finissent par empuantir l'atmosphère.

Bye et à jamais !

Philippe Renève a dit…

Le copain de Rioufol était prévenu ; qu'il ne s'étonne pas que ses trollages ne soient plus acceptés.

Philippe Renève a dit…

Notre ami Charles-Hubert – merci Charles-Hubert, ça c'est une info – me signale une chose tout à fait remarquable : l'invention de l'eau solide !
Mine de rien, cette fabuleuse trouvaille pourrait bien révolutionner l'agriculture dans les prochaines années.

Charles-Hubert, fort à propos, conseille de s'alléger sur les actions Veolia, SAUR et autres rapaces aqueux, qui ne vaudront bientôt plus que la corde pour les pendre.

Philippe Renève a dit…

Un peu cavaliers, ces policiers mexicains.

Anonyme a dit…

Lu dans "Le Monde" :

A Guantanamo, plus de 5000 ouvrages sont interdits et ne peuvent pnétrer dans l'enceinte de la prison.

Parmi ceux-ci : "L'archipel du Goulag".

Par contre, parmi les livres les plus empruntés à la bibliothèque par les prisonniers figurent : 50 nuances de Grey et la saga d'Harry Potter.

Qu'en déduire ? La question est ouverte aux spécialistes !

Philippe Renève a dit…

Etant spécialiste en généralités, je me bornerai à constater qu'il vaut mieux lire à Guantanamo des choses distrayantes que des manuels de chimie des explosifs ; mais interdire l'Archipel du Goulag est un aveu de mauvaise conscience des USA...
Hélas la mauvaise conscience ne suffit pas à compenser la volonté de faire peur aux électeurs.

Philippe Renève a dit…

Ah, que c'est beau l'ouverture des frontières, la concurrence entre salariés, la déréglementation, le libéralisme tout-puissant : Licenciés, ils sont obligés de former leurs successeurs polonais.
Très beau pour les actionnaires.

Philippe Renève a dit…

Maurice Szafran sur Marianne titre sur Guaino l'imbuvable. Heureuse formule.

Mais tout de même, on peut se poser la question : cet air dominateur, ce côté je-sais-tout-et-vous-ne-savez-rien, cette condescendance permanente, cette manie de prendre les autres pour des imbéciles s'ils ne partagent pas ses idées, ou les phrases qui en tiennent lieu, jusqu'au plus petit détail, ce parti pris de faire du petit bois de toute pensée contraire ou réticente à la sienne, sont-ils des traits de caractère, des cris du cœur, des réactions sincères, ou au contraire des postures fabriquées, des trucs de bateleur, de la comédie perpétuelle qui surjoue l'indignation vertueuse d'un politicien retors ?

Cela dit, connaître la vérité ne changerait pas grand-chose : dans le premier cas, sa bêtise serait naturelle et dans le second, elle serait volontaire.

Philippe Renève a dit…

Un très bon article qui fait le point sur la réforme des retraites : Salariés et retraités en ligne de mire.
Une phrase résume la situation. « Le pouvoir de gauche a donc décidé de se mettre dans les pas de ses prédécesseurs de droite. »

Philippe Renève a dit…

Carla Bruni va chanter pour la recherche contre Alzheimer.
Lourde erreur. Elle rassemblerait beaucoup plus de fonds si elle promettait de ne pas chanter.

emile red a dit…

Concernant notre système de retraite, il est surréaliste de voir l'entière caste politique, syndicale et médiatique se bouffer le nez sans qu'aucun individu de ces institutions ne remette en cause le principe même de la répartition telle qu'appliquée à l'encontre de toutes les fondements de notre république sociale.

Si on prend le système de santé, chacun cotise proportionnellement à ses revenus, mais le service rendu reste le même pour l'ensemble des citoyens, en clair, la sécurité sociale ne prend pas en compte les versements pour rembourser, chacun reçoit le même montant sur une prestation quel que soit les sommes cotisées.

Pour la retraite, il n'en va pas de même, si la mutualisation fonctionne parfaitement ailleurs, ici nous sommes dans le monde de l’iniquité, les paramètres se multiplient pour finalement rendre le système complètement aberrant pour ne pas dire scandaleux, d'autant plus que la fable des "cotisations pour les générations suivantes" à longueur de discours médiatiques reste le leitmotiv avancé.

On se demande alors comment se fait-il que les pensions reversées aujourd'hui puissent nécessiter un durcissement si l'argent a été cotisé dans le passé quand la crise ne faisait pas les dégâts actuels.
Mais le plus incompréhensible demeure dans les reversions elles-mêmes, si on cotise pour les générations futures, qu'est-ce qui peut justifier qu'un quidam puisse toucher une pension différente d'un autre individu et en quoi le montant de ses cotisations entre en compte dans ses propres reversions.

Lorsque nait un enfant dans un foyer, personne ne regarde le temps de cotisation pour allouer les prestations familiales, idem pour les allocations logement et bien sûr pour le remboursement des actes médicaux, de plus il ne vient à l'idée de personne de réclamer des prestations différentes aux raisons de cotisations différentes, le but de notre régime social est de restreindre les inégalités générées par les différences salariales.

Or le système de retraite va au rebours de cette idée ancrée dans le contrat républicain. Les différences de reversions sont tellement importantes que c'est la masse des moins cotisants qui finance les retraites des plus aisés, le temps de cotisation est venu se substituer au principe d'égalité et la capacité financière remplace le fondement d'équité.

Dans une véritable logique sociale, la retraite devrait être universelle et identique pour tous, quel que soit le temps ou le montant des cotisations, seul l'âge déterminant l’accès au droit pourrait varier en fonction de la pénibilité ou des capacités individuelles, encore une fois par souci d'égalité, considérant que les ressources monétaires durant les périodes de travail permettent, pour les plus nantis, une épargne consistante et que les besoins de représentations s'éteignent avec la disparition des activités professionnelles.

Philippe Renève a dit…

Je suis d'accord avec toi sur le principe, Emile : il n'est pas normal que la retraite soit soumise aussi étroitement aux cotisations de chacun. Cela dit, dans un système réaliste il faut bien tenir compte à la fois du montant du salaire, qui conditionne le niveau de vie de la personne, du niveau de cotisation et de sa durée ; il ne serait pas logique qu'un smicard, à qui on a demandé une participation réduite, en fonction de ses moyens, ait la même retraite qu'un cadre sup' qui aura contribué beaucoup plus parce qu'il le pouvait. La différence est toutefois délicate à fixer ; il n'est pas non plus normal que le second puisse toucher dix fois plus que le premier ou que celui-ci ne puisse pas faire vivre décemment sa famille. De même entre un retraité qui a cotisé dix ans et un autre quarante ans, une différence de retraite est normale ; reste le problème des cotisations des femmes au foyer, des chômeurs, etc.
Il faut donc trouver un moyen terme entre une juste affectation selon les besoins et une prise en compte de l'effort de chacun ; ce n'est pas facile.

Mais en effet, à force de réformes sélectives, le système français se rapproche de plus en plus de la capitalisation, ce qui n'est tout simplement pas admissible : le principe de la répartition doit subsister car il est seul garant tant de la pérennité du système que de son équité. Les récentes crises financières ont montré que la capitalisation n'est tout simplement pas fiable dans le temps et peut ruiner des populations entières.

Hélas, on voit bien que les récents gouvernements, de gauche comme de droite, repoussent la notion même de solidarité et cèdent de plus en plus au lobbying des banques et des assurances qui guignent depuis des décennies sur le pactole de la gestion des retraites. La finance est plus à la mode que la solidarité.

Anonyme a dit…

La retraite, toute ma carrière...
Quid des cotisants qui décèdent, jeunes ou non, sans conjoint, où vont les sommes versées et perdues,pourquoi aucun intervenant ne pause la question? La reversion:

Avant : 55 ans, non remarié. et 2 ans de mariage,

Aujourd'hui: à tout âge et n'importe quelle situation
mais sous condition de ressource.

Anonyme a dit…

Je continue. Pour le calcul de la pension, prise en compte des cotisations.

Avant les 10 meilleures années.
Aujourd'hui : les 25 dernières années bonnes ou mauvaises.

Au fil des Circulaires nous constations une incitation de plus en plus forte à adhérer au système privé. Nous y voilà. Mais devoir de réserve oblige nous ne pouvions et je ne peux en dire plus. Malgré ce, je suis dans le même bateau que bon nombre.
Jeanne

Philippe Renève a dit…

Un homme de bien vient de nous quitter.
Merci, Monsieur Jacquard. Vous resterez un exemple pour tous les hommes de bonne volonté.

emile red a dit…

Tu dis :

"Cela dit, dans un système réaliste il faut bien tenir compte à la fois du montant du salaire, qui conditionne le niveau de vie de la personne, du niveau de cotisation et de sa durée ; il ne serait pas logique qu'un smicard, à qui on a demandé une participation réduite, en fonction de ses moyens, ait la même retraite qu'un cadre sup' qui aura contribué beaucoup plus parce qu'il le pouvait."

Philippe, le "système réaliste" que tu décris est exactement celui qui existe, tu dis qu'il faut tenir compte des montants salariaux, des niveaux de vie et des durées de cotisation. C'est justement tout ce qui ne fonctionne pas, tout ce qui va à l'encontre d'un système répartiteur et de la solidarité qui bénéficie à toutes les autres prestations sociales sans poser aucun problème.

Est-il judicieux de considérer que le salaire qui a gérer toute une vie dans une inégalité complète puisse encore agir une fois que la retraite est atteinte, en bref, en quoi un retraité autrefois smicard serait différent d'un retraité de l'encadrement, l'un était ouvrier, l'autre cadre, ils sont devenus tous deux retraités, s'il y avait une différence, il n'y en a enfin plus aucune et rien ne justifie une différence de traitement.

Concernant le niveau de vie, autant j'arrive à comprendre que deux salariés puissent avoir des niveaux de vie différents adossés au montant de leur salaire respectif, autant ce niveau de vie n'a plus de nécessité une fois la retraite atteinte, ce que j'appelle la représentation qui coûte très cher lorsqu'on travaille, n'a plus lieu d'être une fois "oisif", de plus, cette inégalité si elle réduit le niveau de vie des classes supérieures, jette dans la misère les plus faibles alors que proportionnellement ce sont ceux là qui ont cotisé le plus et maintenu le système à flot par leur nombre.

Enfin, dernier point, la durée de cotisation est un serpent de mer insupportable, faire un comparatif entre un individu qui passe sa vie derrière un bureau, sans risque, sans exposition à quoi que ce soit sinon la machine à café et l'encre d'un stylo baveur, avec la plupart des smicards qui triment, s'usent et sont appelés vers tous les dangers n'a aucun sens, d'ailleurs les chiffres le démontrent, un cadre vit plus longtemps et en meilleure santé. D'autre part, n'est-ce pas de la responsabilité des entrepreneurs que le chômage, en cela, pourquoi serait-ce les travailleurs qui paieraient de leur retraite les avanies patronales et ce qui vaut pour le patronat vaut pour l'état lorsqu'il s'agit des études, ce même état qui se satisfait d'études longues et de la plus value qui doit en découler, est-ce aux laisser pour compte déjà abandonnés sur le chemin d'en subir les conséquences au terme d'une vie de déceptions et de labeur. Soyons clair, ce système donne à des gens en bonne santé, à l'espérance de vie plus longue une aisance qui manquera crucialement à ceux qui vivront au minimum dans la souffrance au pire peu de temps et dans un dénuement le plus total.

A suivre =====>

emile red a dit…


====> Suite

Bref, tu parles de logique, cette logique implacable du monde du travail qui fait des riches et des pauvres, mais, d'une part, cette logique n'est pas celle du temps de retraite qui doit bénéficier à tout le monde d'une façon égalitaire parce que face à celle-ci plus personne n'est différent et, d'autre part, cette logique qui est déjà une sombre aberration dans la quantification productive dans le travail où l'improductif vit mieux que le manœuvre, devient une ineptie quand le statut de retraité fait des uns comme des autres des retraités sans aucune distinction.
C'est à ce stade de la vie que la solidarité devrait montrer l'essence d'une société accomplie où la misère des uns et la richesse des autres devraient s'estomper pour permettre à tous un repos chèrement mérité où confort, santé et tranquillité devraient aller de soi pour tous, sans ostentation délirante ni misère dégradante. L'erreur est qu'on veut assujettir la période de retraite à la période travaillée alors que ce sont deux états spécifiques comme la période scolaire en est un autre où, dans l'absolu, seuls comptent l'égalité de traitement et le bien être de l'enfant.

Philippe Renève a dit…

Emile, tu as bien sûr raison dans l'absolu, mais ton schéma est très théorique.
A partir du moment où on accepte – bon gré mal gré – une certaine inégalité dans les salaires, qui ne veut pas nécessairement dire injustice, il est logique qu'elle se reflète dans les retraites. Ce qui n'est pas admissible est que ces réformes, établies du reste sur des bases démographiques et financières tout à fait contestables, dégradent encore la situation des moins favorisés tout en préservant systématiquement les profits des entreprises : dans la réforme actuelle, le contribuable va rembourser l'effort (minime) demandé aux entreprises, alors que ceux imposés aux salariés et aux retraités va encore accroître les injustices du système.

Mais autant il est difficile de redéfinir le système des retraites, autant il serait bien facile de ne pas pénaliser encore ceux qui sont déjà défavorisés.

Philippe Renève a dit…

« ceux imposés aux salariés et aux retraités vont encore accroître », bien sûr.

Philippe Renève a dit…

« Et Guaino ?
le pauvre homme ! »

Voilà une nouvelle scandaleuse, mes amis. Il faut aider un homme si précieux pour la France, le Monde et le système solaire (au bas mot).

Agissons sans tarder ; pour permettre à ce malheureux de manger et de rester propre (car le Guaino rance est particulièrement malodorant), j'organise une quête publique, qui me semble indispensable. Je vais donc passer parmi vous avec une sébile. Merci d'avance de votre générosité ; les chèques déjeuner, tickets de bus et timbres-poste sont acceptés avec gratitude. N'abusez pas des boutons de culotte, la mode est aux zips.

Philippe Renève a dit…

Blague à part, je préfère ne pas dire ce que je pense de la conduite de cet individu, car je serais passible de lourdes sanctions civiles et pénales.

Philippe Renève a dit…

Quelque chose de plus sérieux : la remise des Ig Nobel.

Saluons bien haut le prix de nos petits Français, qui montre au monde étonné que nous sommes encore plus beaux quand nous sacrifions à Bacchus : on ne le croyait pas possible, ils l'ont pourtant prouvé. N'en déplaise aux Cassandre, la recherche dans notre beau pays se porte à merveille, portée par l'intelligence naturelle de nos concitoyens qui se trouve dopée par les produits les plus nobles de nos chères régions : Bourgogne, Mâconnais, Beaujolais, Bordelais, Touraine, Champagne, Alsace, autant de terroirs qui aident nos chercheurs à clarifier leur esprit de finesse autant que leur appréhension de la beauté.

Nous ne manquerons pas de trinquer à leur santé à chaque occasion et si les occasions manquent, nous saurons bien les provoquer pour une si juste cause.

Anonyme a dit…

Bonjour,

Les élections approchent, alors autant faire du neuf avec du vieux et ressortir les vieilles recettes.

L'affaire du bijoutier de Nice fait ressortir de vieux fantasmes d'autodéfense et de milices de quartier..

Réaction face à une situation inédite, à une dégradation sans précédent de la sécurité du citoyen dans notre doux hexagone ?

Rien de tout cela ! Les élections approchent, voilà tout..

Ceux qui ont de la mémoire se rappelleront la fin de l'ère giscardienne et un mouvement qui fit du battage à cette époque :

"Légitime défense"

Cet espèce mouvement populiste déjà, prospérait sur des histoires de transistor piégé qui explosait à la face des cambrioleurs et de boulanger dégainant son fusil de chasse et proposait de constituer des listes aux municipales..

Au niveau médiatique, ce type de polémique, c'est un le rêve !

De quoi remplir les JT de sujets sans imagination..

On filme des dupont-Lajoie "déterminés", décidés à "s'organiser" face au "laxisme" de la justice, des maires "compréhensifs" face à "l'exaspération" de ses concitoyens (montrés juste avant) et le tour est joué..

Un ténor de la Droite "Populaire" tenant des propos "musclés" juste après, et vous avez déjà rempli la moitié de l'espace entre deux pages de publicité.

A noter que le bijoutier montré victime de la machine judiciaire bénéficiera de l'indulgence des juges. Sa préventive est déjà une assignation à résidence en son domicile..

Certains semblent rêver d'une extension la plus large possible de la notion de légitime défense, d'une libéralisation de la règlementation sur la détention d'armes à feu. Même en 2013, le Far-West semble encore faire rêver!

GéBé

Philippe Renève a dit…

Bonjour Gazi

C'est bien ça : à l'approche des élections, surtout les municipales où l'électeur se fait plaisir, on voit ressurgir tous les vieux trucs pour racoler les plus indécis ou les plus bêtes des citoyens. Faire passer ce qui n'est qu'une vengeance lâche pour de la légitime défense est d'un formidable culot, mais la ficelle est si grosse qu'elle fait à peine réagir ceux qui la voient ; tout le monde attend que ça se passe, laisse faire le buzz et s'étonne que les sondages montrent tant de sympathie pour le malheureux bijoutier, maintenant victime des trotskistes Valls et Hollande.

Le plus étonnant et le plus lamentable est que plus l'ultradroite se régale de ce fait divers, plus le silence des autres politiques est épais ; après ça, ils ne comprendront pas que le FN soit maintenant perçu comme un parti comme un autre. La démission de la gauche sur ce coup-là est une catastrophe pour la république et un cadeau pour le FN.

Anonyme a dit…

Que l'UMP embraye sur le sujet, au vu de sa stratégie actuelle, rien de plus normal.
Par contre, le silence de CHASSE, Pêche, Nature et Traditions m'étonne quelque peu..

GéBé

Philippe Renève a dit…

Ils sont peut-être assez malins pour ne pas insister sur les meurtres par arme à feu...

Philippe Renève a dit…

La Cour des Comptes fourmille de merveilleuses idées délicieusement ultralibérales, comme d'évoquer la fin de tout remboursement de l'optique correctrice. Les compagnies d'assurance mettent le champagne au frais.

La solidarité coûte décidément les yeux de la tête.

Anonyme a dit…

Aaahh L'insécurité, qui fleurit en période électorale !

L'insécurité, pour fleurir dans les media, a besoin d'une condition climatique essentielle : la gauche au pouvoir. Sans cela, sa croissance est si ridicule qu'elle est à peine visible dans les JT !

Certains terrains sont plus propices, et ce, depuis toujours : Marseille, par exemple.

En temps de gouvernement socialiste, Marseille devient subitement Chicago. Qu'on se souvienne, l'année 78, celle du massacre du Bar du Téléphone.

Mieux qu'Al Capone, le massacre de la Saint Valentin dépassé : dix personnes d'un coup ! S'ajoutant à une liste d'une vingtaine de règlements de compte dans les mois précédents.

De quoi avoir peur ?

Nenni ! Poniatowski et Bonnet se succédaient à l'Intérieur, Lecanuet, Guichard et Peyrefitte à la Justice, Giscard d'Estaing à la présidence, le peuple en ces temps était rassuré... et la guillotine maintenue en état de marche.

Ainsi, nul n'appela à la rescousse l'Armée Française pour pallier au laxisme des "Droits-de-l'hommistes-angélistyes-bobos-sociologues quantiques-laxistes-cultivateurs-de-l'excuse" et j'en passe !

Bref : qu'importe le nombre d'homicides, on n'a bien peur que sous la Gauche !

GéBé

Philippe Renève a dit…

Quel mauvais esprit, Gazi ! Tu serais un de ces hideux Droits-de-l'hommiste que ça ne m'étonnerait pas. Mais voyons, les Droits de l'homme c'est ringardos, has been, mon pauvre.
Maintenant ce sont les Droits de l'Entreprise qui sont cool : dimanche not'Président de Gôche a dit « Président des entreprises pour notre pays, oui » et « Nous n'aidons pas les entreprises pour aider les entreprises, mais pour qu'elles aient plus de marge. »
C'est ça l'idéal de l'honnête homme moderne, Gazi : l'Entreprise. Hors de l'Entreprise, point de salut.

Philippe Renève a dit…

Autrefois, les économistes abominablement keynésiens (excusez l'obscénité), Droits-de-l'hommistes voire humanistes (quelle horreur) soutenaient, inspirés par Marx, Bakounine et Saint Vincent de Paul, que l'entreprise était un agent économique qui produit biens et services et a pour but le profit.

Heureusement, maintenant, guidés vers la lumière par de grands prophètes comme Denis Kessler, DSK, Moscovici et Pascal Lamy et par les Saintes Ecritures du Figaro, du Point et de l'Express, l'ensemble des économistes et des citoyens honnêtes réalisent que l'Entreprise est en fait une entité qui produit des emplois, le bonheur pour tous, la paix dans le monde et préserve naturellement l'environnement. Ses profits sont consacrés entièrement à des causes sociales et humanitaires et les dirigeants lavent tous les matins les pieds des plus modestes salariés.

Ainsi, une ère de Progrès et de Bien-Etre généralisé s'est enfin instaurée dans nos beaux pays. Il y a bien quelques chômeurs oisifs et quelques pauvres paresseux mais ces déchets inévitables ne sauraient remettre en cause cet Idéal admirablement moderne : l'Entreprise est l'Eden du XXIe siècle et tout doit être fait pour Sa prospérité.

Anonyme a dit…

Allez ! Une dernière couche de souvenirs sur cette année 78..

Drôle d’époque, si tranquille que les citoyens anesthésiés allaient, en toute inconscience, voter trois ans après pour la Gauche.

La police, efficace, pouvaient compter sur des auxiliaires zêlés : « Honneur de la police » qui se chargerait de liquider Pierre Goldman, un « groupe Charles Martel » qui assassinerait Henri Curiel ainsi que des membres du SAC et d’anciens « Commandos Delta », unis pour la même cause. On y ratonnait allègrement le travailleur immigré tout en accueillant en grande pompe l’Ayatollah Khomeyni..

et curieusement, on n’élucida jamais cette affaire du « Bar du Téléphone »..

GéBé

emile red a dit…

Lu il y a deux jours un commentaire sur un forum qui m'a fait hautement sourire.

Au débat vertueux des nonces de la pensée sécuritaire que relayaient la populace aux abois, fusil au côté, taser chargé et talkie-walkie à la main, un coquin de la méchante gôche utopique rétorquait à la dénonciation du laisser-faire de ces bobos des beaux quartiers qui ne connaissent la banlieue que par l’œil troublé d'un myope journaliste d'une chaîne publique et conséquemment révolutionnaire, qu'il y avait des bobos uniquement parce qu'il y avait des gogos toutes voiles dehors prêts à la moindre incartade pour peu qu'un grateux de la presse aéronautique soit présent et trempe sa plume dans les glandes lacrymales de la bienpensance lepeniste.

Vous remarquerez qu'une fois les "universités" du FN, les quelques répliques nauséeuses du papa-borgne, les interventions de deux ou trois "militants" choisis au hasard, blonde étudiante avenante et jeune, vieille marquise à la coiffure impeccable, ouvrier métallurgiste de préférence brun et hâlé, une fois la réitération, heures après heures, des discours sans fin de la carnassière au rictus toujours plus hargneux, les seuls sujets dont nous abreuvent les chaînes d'information sont consacrés aux évènements antipodiques, extra-continentaux et d'une insipidité telle que tout le monde gagne les toilettes, part faire sa vaisselle ou va se servir un verre en attendant avec voracité le retour de la blondasse au cul cassé par ses frasques piscinières estivales.

Seuls quelques images cauchemardesques des égoutiers de la droite dite classique, comme si l'autre était moderne, viennent trahir le train-train bien rôdé de la propagande. C'est alors qu'on voit le châtelain sarthois jouer de la photocopieuse, le chauve au croissant s'insurger du lèse-majesté, les jeunes loups grisonnants étaler leurs détritus ultra-libéraux, les décrépis oubliés jongler de la morale ou des principes et quelques socio-traitres défraichis et baveux nous rappeler qu'il y avait au temps jadis des valeurs dans notre beau pays de France.

A suivre ====>

emile red a dit…

===> Suite

Les gogos encaissent, approuvent, renâclent, pestent, vilipendent et s'ils pensent que c'était mieux avant, sont décidés à ce que tout change et qu'on allait voir ce qu'on allait voir, la Martine à la plage allait nous faire évoluer tout ça. Parce qu'il ne faut jamais oublier que pour nos jocrisses accros du PAF, si TF1 le dit, il doit y avoir du vrai, la preuve le village de Pernaud du 12 avril, ils l'ont visité et il est tel qu'à la télé.
Et donc, nos volatiles des villes entérinent, pouvoir d'achat, impôts, insécurité... Ah ! La superfétatoire insécurité, celle dont tous s'enivrent, subissent les affres, ressentent les effluves, pensez donc, tout le monde connait un voisin dont le cousin du frère de la tante a entendu dire que l'ami du patron de la factrice a été la victime, il y a six mois, alors qu'il comptait ses billets retirés nuitamment au distributeur d'une ruelle obscure et crasseuse d'une banlieue lointaine et brumeuse.

Ainsi nos poires enregistrent, douze morts ici, enfin à quelques milliers de kilomètres, un mort par là, enfin dans une autre ville, un stop grillé, et le gamin d'à côté qui tire la langue, mais que fait la police, toujours au carrefour quand il roule bourré mais absente au moindre reflet d'un colt quarante cinq façon Maghreb et turban. Décidément, ces politiques sont bons à rien, la bonne dame de Saint Cloud va nous les virer ces incapables, remettre de l'ordre, faire un grand nettoyage de printemps et à sec, s'il vous plait, parce qu'elle le dit, les étrangers ont les dents qui trainent, le couteau à la main, l’œil patibulaire et la femme voilée, ils ne peuvent qu'être responsables avec leurs caravanes et leurs voitures de rêves, ces mendiants laveurs de vitres et sans dieu. Elle va nous les virer avec pertes et fracas, et s'il faut, donner du canon, de la garde nationale et de l'enfumage à gogo... Parce qu'elle n'est pas politique notre Sainte Jehanne de Lourdes...

Philippe Renève a dit…

Vous êtes tous les deux de dangereux agitateurs : en fait, la droite au pouvoir en 1978 était un modèle de vertu et Marine est une bien brave femme qui se dévoue pour les bons Français.

Repentez-vous et répétez après moi, pauvre pécheurs.
« Je crois en l'Entreprise, le Giron Tout-puissant, créateur du Bonheur et du Bien-Etre, et en Le Profit, son Fils unique, notre Seigneur, qui a été conçu du Saint Esprit de Lucre, est né de la Vierge Margaret T., a souffert sous le CNR  » etc.

Anonyme a dit…

Désolé, mais le "vintage" est à la mode. Pensez donc ! On réédite le magazine "Lui", symbole de nos années soixante-dix.

Au niveau des idées, par contre, c'est une autre période mise à l'honneur : les années trente.

Les efforts de Mr Buisson sont largement récompensés, Maurras est revenu dans les esprits de droite et l'une de ses antiennes "Le Pays REEL" revient régulièrement.

On oppose ainsi les "bien-pensants-bobos-...." en leur doux cocon au "Pays REEL", qui lui, connaît la "REALITE".

Le débat placé sur les histoires de police permet de faire passer, Philippe a raison de le préciser, les derniers remparts qui nous protègent de la libération de l'économie.

Mais ce genre d'insécurité-là (emploi, retraites, couverture médicale) ne semble guère préoccuper nos vertueux politiciens..

GéBé

Philippe Renève a dit…

L'esprit des années trente, c'est tout à fait ça, Gazi. Mutatis mutandis, les musulmans abhorrés à la place des Juifs honnis, le FN remplaçant les Croix de Feu, Buisson dans le rôle de Daudet fils, les dépenses sociales de l'Etat pourfendues comme la Gueuse, plutôt le Pen que Mélenchon.

La prochaine étape est non pas la gauche de 1936 mais l'Etat français de 1940 : la terre (le sol) ne ment pas, travail-famille-patrie et des camps pour les Arabes et les communistes. Maréchal-le Pen, nous voilà.

Wald a dit…

On voit refleurir en ce moment les fantasmes de justice expéditive et d'autodéfense. Rafraichissons nous la mémoire pour bien se rappeler quel genre de navet irrigue les imaginaires de certains de nos contemporains, et à quel niveau d'analyse de la société ils se situent.

http://www.youtube.com/watch?v=k3X-MJn-X6s

A prendre au second degré of course (pas pour tout le monde hélas)

Philippe Renève a dit…

Mais non, Wald. C'est bien normal de se défendre. Se défendre en tirant dans la rue sur un homme qui s'enfuit. Normal.

Si notre Maréchal-le Pen arrive au pouvoir, on pourra tous avoir des armes à feu et s'en servir, non mais. Comme les Etats-Unis, pays de cocagne pour ses Entreprises florissantes, particulièrement les marchands de fusils et de canons. Pour le bonheur et la prospérité de tous.

Anonyme a dit…

Tous ces films américains de la fin des années soixante-dix glorifiant l'autodéfense. Un sous-genre de la série B le "vigilante movie".

Les vigilantes, milices d'autodéfense, se mirent bien souvent au service du patronat américain, pour mater les grêves non souhaitées.

Un petit doc musical :

http://www.youtube.com/watch?v=WyUagbsg-HI

GéBé

Philippe Renève a dit…

L'autodéfense est une partie intégrante de l'ultralibéralisme : citoyens, organisez-vous, vous économiserez des impôts pour payer police et justice; et quand les imbéciles sont armés, ils peuvent facilement être mis au service des puissants.

Anonyme a dit…

Trouvé sur le net :

Sophie-bee @bgrosjean

« Moi j’ai liké jusqu’à ce que j’ai vue que le bijoutier était en fait un bougnoule qui a tué un type qui s’appelait anthony »

Bon, ne stigmatisons pas les soutiens au bijoutier de Nice.

Tous ne sont pas des beaufs ou des fachos. Il y a aussi parmi eux des robots sans idéologies qui distribuent automatiquement des "like" !

Philippe Renève a dit…

C'est vrai que les ultradroite sont bien embêtés que ce soit le bijoutier et pas le braqueur qui ait des liens avec le Maghreb ; la situation inverse aurait été une bénédiction pour eux.

Anonyme a dit…

Il y avait le même embarras à propos de Serge Ayoub dit "Batskin".

Les plus extrèmes lui reprochaient son profil "pas très aryen".

Les tenants de l'essentialisme, de l'amalgame, du cliché réducteur sont régulièrement renvoyés à leurs certitudes par la réalité.

Ainsi, la femme musulmane, qui ne se concevrait que voilée (son homologue de l'autre sexe étant djihadiste) ne correspond guère aux Tabatha Cash, Zahia Dehar,Nabilla Benattia qui occupent les médias entre deux bijoutiers flingueurs.

Encore que, Tabatha Cash n'a guère fait parlé d'elle depuis longtemps.. sauf peut-être dans les potins mondains, comme ex-compagne de Serge Ayoub..

Anonyme a dit…

Pas très brillants, ces exemples ?

Le processus est partout le même : les minorités honnies ne peuvent émerger dans une société crispée que par leur physique : ainsi des Afro-Américains..

Diana Ross précéda Condoleeza Rice, et Cassius Clay Barack Obama.

Les contempteurs de la purification ethniques n'y pourront rien, la composition de nos sociétés se diversifie..

GéBé

Philippe Renève a dit…

Il y en a qui osent tout.

« Surprise, aujourd'hui, lors de la réunion de la Commission d'enquête à l'Assemblée nationale sur l'affaire Cahuzac. Les députés présents ont appris que Jérôme Cahuzac a adressé à la Commission une demande de remboursement de ses frais de déplacements pour les deux auditions auxquelles il a participé, en juin et juillet derniers. L'une de ces demandes concerne un plein d'essence pour un voyage Villeneuve-sur-Lot / Paris. "Estomaqués", "furieux" même selon un des participants, les députés, unanimement, ont refusé de lui accorder ces remboursements. »

Voilà qui montre que ce charmant garçon, chirurgien ne manquant pas de foin dans ses bottes, s'est adapté de façon exemplaire à sa difficile condition de riche : l'arrogance lui vient tout naturellement.

Philippe Renève a dit…

Demain on rase gratis.

La pause fiscale reportée à 2015.

Philippe Renève a dit…

Ces déclarations sont effrayantes.

« Excédé par les dérives constatées selon lui à Croix depuis l’arrivée ces dernières semaines de près de 200 Roms expulsés de Lille-Sud, le maire (UMP, NDLR), Régis Cauche, va jusqu’à prédire un dérapage "comme le bijoutier de Nice" si l’État ne fait rien.
"Et si un Croisien commet l’irréparable, je le soutiendrai", a-t-il précisé samedi. »

En d'autres temps, ces propos auraient été qualifiés d'appel au meurtre. Mais actuellement il semble que ce soit la mode.

Wald a dit…

Salut,

Causeur se surpasse : http://www.causeur.fr/france-en-2050-islam,24199
Par un auteur coutumier du fait. Dans ce début magnifique, un passage se détache.

"qui rend trouble la forêt de mon paysage mental"

En effet, le paysage mental de l'auteur est, comment dire.... Autant de lucidité sur son état psychiatrique n'est pas si courant.

Philippe Renève a dit…

Encore un grand humaniste qui se croit à une tribune du FN...
Comme il n'y a plus de communisme et plus guère de communistes et comme l'antisémitisme a maintenant mauvaise presse, il faut bien trouver des boucs émissaires pour faire peur aux petites gens afin de les manipuler et de les faire voter pour la Marine ; les musulmans (toujours maghrébins, bien sûr) sont une cible idéale : étrangers ou d'origine étrangère (même Français), au teint mat, avec parfois un accent exotique, avec une religion inspirant des fanatiques, toutes les conditions sont réunies pour en faire les responsables de la délinquance, de la criminalité, de la météo mauvaise et des mayonnaises qui tournent.
La France a déjà connu ce genre de propagande avec les Italiens, les Polonais et les Espagnols à diverses époques ; rien de neuf sous le soleil sinon des médias qui multiplient à l'infini les vomissures comme celles que tu cites.
Mais c'est un peu usé ; les petits fachos se tournent donc maintenant vers les Roms, qui sont tous des voleurs de poules comme on sait.

Anonyme a dit…

En effet, l'écrivaillon de Causeur se surpasse avec son article anxyogène.

Ces fantasmes d'islamisation sont quasi le copié-collé des campagnes contre "l'enjuivement" de la presse d'avant-guerre.

Juste en passant : c'est "Causeur" qui héberge l'association "Jalon" de Frigide Barjot depuis qu'elle n'a plus de domicile..

GéBé

Wald a dit…

Merci des précisions Gazi, c'est fort intéressant.

Elisabeth Levy fait ici preuve d'une sensibilité à géométrie variable. Dis donc, pour un courant idéologique (il y a qu'à lire certains scribouillards de causeur) qui proclamait à tue-tête qu'ils hésiteraient pas à envoyer à la clochardisation des millions de Français en fin de droits, chômeurs, "colorés" ou invalides, traités de demeurés, de parasites, de jaloux, de profiteurs, ça se pose là. Toujours la même chose avec les idéologues et les enragés, jamais foutus de supporter eux-mêmes le dixième de ce qu'ils veulent infliger aux autres.

Anonyme a dit…

Une semaine plus tard, bilan de l'affaire du "Bijoutier de Nice"..

Pas grand-chose.

Les soutiens virtuels se sont essoufflés, une mini-manif niçoise (1000 personnes pour un rassemblement orchestré par la mairie, c'est rien) et une récupération politique qui a tourné court.

Avec un détail qui m'avait échappé : tout ceci s'est déroulé dans cette bonne ville de Nice, dont le maire a toujours vanté sa politique sécuritaire musclée..

Et personne localement pour réclamer : "Estrosi démission " ?

g2b2

Anonyme a dit…

Est-ce que l'essoufflement ne
serait pas dû au fait que le bijoutier est d'origine turque et l'agresseur français? Cela donne moins matière à bavassage.

Jeanne

Philippe Renève a dit…

Précisément, Jeanne : s'il avait eu la bonne idée d'être d'une famille française depuis quelques siècles, l'affaire serait encore sur le devant de la scène.
Hélas pour le FN, Estrosi et leurs amis, rien n'est parfait.

Philippe Renève a dit…

Autant l'islamophobie est haïssable, puisque racisme à peine déguisé, autant l'« islamismophilie » est d'une évidente stupidité en soutenant le fanatisme et l'intégrisme qui ne peuvent que lutter contre la laïcité et la République elle-même. Renvoyons-les dos à dos : le fanatisme pour et le fanatisme contre sont tout aussi condamnables.

Philippe Renève a dit…

Aujourd'hui le 22 septembre. La nostalgie a de l'avenir.

Philippe Renève a dit…

Sacrée Nadine, toujours la même. Affaire Bettencourt : Sarkozy ne réagit pas, Morano accuse les juges.

Finalement on commence à bien l'aimer, Nadine : dès qu'il y a un sujet un peu polémique pour l'UMP, elle convoque les médias, fait le spectacle, tempête, tweete à tout-va, en rajoute sans modération, clame haut et fort ce que ses électeurs veulent entendre, quitte à navrer quelques collègues moins facétieux.
Le jour où elle cessera, il nous manquera quelque chose ; ce côté prévisible est rassurant au milieu d'un monde changeant. Elle a des certitudes comme d'autres ont de l'embonpoint, une sorte de naïveté dans l'indignation qui toucherait si elle ne frappait pas aussi fort.

Anonyme a dit…

Et pendant ce temps, à la Colonie Pénitentiaire n°14..

http://www.theguardian.com/music/2013/sep/23/pussy-riot-hunger-strike-nadezhda-tolokonnikova


Mais qui se souvient des Pussy Riots?
Sûrement pas Alain Fillon !

g2b2

Anonyme a dit…

Surprise chez le marchand de journaux, le témoignage de Nadejda Tolokonnikova est publié en Français.

Etrange marche vers le progrès que celle de la Russie poutinienne : le pays a sombré dans le capitalisme sauvage, la bigotterie moyenâgeuse.. mais a conservé l'autocratie, un appareil judiciaire, une censure et des structures pénitentaires staliniennes..

g2b2

Anonyme a dit…

Oubli : c'est Libération qui publie le témoignage en pages "Rebonds".

g2b2

Philippe Renève a dit…

Je crois que ce "cher Vladimir" de Fillon lui restera attaché comme un boulet politique ; après cela il peut difficilement passer pour un défenseur des droits de l'homme.

Anonyme a dit…

Il marche sur les pas de son prédécesseur et son "cher Mouammar"?

Au fait, Wladimir Poutine, combien de roubles ?

Philippe Renève a dit…

Houlà, pas de roubles, des dollars ! Beaucoup beaucoup.

Anonyme a dit…

Finalement, rien d'étonnant à cette escapade moscovite de François Fillon.

Entre les rêves de croisades et la xénophobie qui alimentent le discours de la Droite française à la recherche du "vrai peuple", on lit de plus en plus de nostalgie du "communisme à la française" (entendez le PCF) en faisant bien sûr, l'impasse sur la "Lutte des classes".

Un nouveau courant apparaît : le "stalino-lepenisme".

Un Axe Paris-Moscou, avec Gérard Depardieu comme ambassadeur culturel semble ainsi cohérent.. en faisant l'impasse, bien sûr, sur cette notion dépassée de "Droits de l'Homme"..

g2b2

Philippe Renève a dit…

Les "droits de l'Homme" ? Notion et terme ringards, has been, passéistes, rétrogrades, naïfs.
A remplacer dans les dictionnaires par "compétitivité", tout simplement.
Cette notion élégante ayant elle-même avantageusement remplacé les mots "taux de marge" et "profit" dans les expressions du genre "il faut améliorer la compétitivité des entreprises", employées surtout à propos des dégrèvements d'impôts et de charges pour les dites, financés par des hausses de ceux-ci pour les salariés.

Anonyme a dit…

Bonjour,
Est posée en ce moment à François Hollande la question de la réhabilitation morale de 740 soldats français fusillés entre 1914 et 1918..

Ce qui a suscité l'interrogation suivante :
"Pourquoi les militaires ayant suivi l'OAS ont ils, eux, été réhabilités bien plus vite ?"
(Tant par des gouvernements de droite que de gauche).

Aaahh.. Ces débats de mémoire !

g2b2

Philippe Renève a dit…

Vaste question : interviennent les considérations morales, politiques, électorales, un cocktail qui peut virer au rouge comme au blanc !

Anonyme a dit…

Lu aujourd'hui dans "Libération" un texte dissonant dans la triste démagogie xénophobe ambiante :

"Nous avons peur, non pas des Roms, mais de leur ressembler"

L'auteur se place comme faisant partie de l'ultra minorité (7% qui ne juge pas que "Les Roms s'intègrent mal" selon un sondage BVA/Le Parisien).

Il rappelle que les Roms son "une goutte d'eau, une plaisanterie démographique, un prétexte cruel, un argument idéologique" comparés aux vagues d'immigrations que connaît le pays depuis un siècle.

Il en appelle à l'esprit républicain, à la lecture de Victor Hugo en ces temps de "folie généralisée".

Mais qui donc a pu pondre un pareil brûlot, à l'heure ou un ministre socialiste flirte avec les thèmes de l'extrème-droite ?

André Glucksmann himself, l'ex nouveau-philosophe devenu néo réac.

Tout à son honneur, cette leçon d'humanisme bien tournée.

N'en déplaise à ceux qui, rabâchant à longueur de journée les pires poncifs racistes tout en s'estimant "briseurs de tabous" "pourfendeurs d'omerta" "victimes de la bien-pensance".. des voix comme celles de Glucksmann sur ce sujet sont hélas ! rares et ultra-minoritaires..

g2b2

Philippe Renève a dit…

Oui, voilà qui tranche sur le lynchage médiatique actuel. Et Glucksmann remonte d'un grand cran dans mon estime !

En fait, que montre le fameux sondage ? Que beaucoup de Français pensent que les roms s'intègrent mal. Au vu essentiellement des informations des médias, car finalement sauf exception nous voyons tous directement très peu de ces gens et très peu de leur vie. C'est donc un reflet des prises de position des uns et des autres politiques, avec au départ un a priori défavorable envers l'étranger et surtout le nomade (en fait, beaucoup sont sédentaires).

Le sujet est devenu un cheval de bataille pour l'extrême-droite, puis la droite, puis les faux socialos (ne citons personne, je manque de place). Une seule chose est certaine : tant que les polémiques politicardes dureront à ce propos, le problème ne pourra pas être réglé d'une façon satisfaisante ni pour les Roms ni pour les pays concernés.

Anonyme a dit…

Voix dissonantes (suite):


« Je me suis pâmé, il y a huit jours, devant un campement de Bohémiens qui s’étaient établis à Rouen.

Voilà la troisième fois que j’en vois. Et toujours avec un nouveau plaisir.

L’admirable, c’est qu’ils excitaient la Haine des bourgeois, bien qu’inoffensifs comme des moutons. Je me suis fait très mal voir de la foule en leur donnant quelques sols. Et j’ai entendu de jolis mots à la Prudhomme.

Cette haine-là tient à quelque chose de très profond et de complexe. On la retrouve chez tous les gens d’ordre. C’est la haine qu’on porte au Bédouin, à l’Hérétique, au Philosophe, au solitaire, au poète. Et il y a de la peur dans cette haine.

Moi qui suis toujours pour les minorités, elle m’exaspère. Du jour où je ne serai plus indigné, je tomberai à plat, comme une poupée à qui on retire son bâton. »

Cette voix est celle d'un certain Flaubert Gustave dans une lettre à une certaine Sand Georges.

Hélas ! Elle est datée du 12 juin 1867..

g2b2

Philippe Renève a dit…

Grand merci pour cette citation magnifique, Gazi. Cent quarante-six ans après, cette lettre n'a rien perdu de sa pertinence, hélas. Flaubert indigné comme Hessel, qui a lui aussi subi les foudres des Prudhomme.

Décidément, cet homme-là avait du style aussi dans la pensée.

Philippe Renève a dit…

Le référendum d'initiative populaire, quelle fâcheuse expression : les initiales en sont R I P !...

Anonyme a dit…

Le Pari de l'Ordre, disait Flaubert..

Il n'a pas disparu, il attend son Thiers. En temps de crise, il a peur en ses pavillons, du Raincy ou d'ailleurs, que la crise et la solidarité nationale n'en viennent à s'en prendre à ses retraites (souvent de la fonction publique) et à ses petites rentes.

Il aime l'Ordre, vous dis-je.. Dans un gouvernement, son préféré, c'est le jeune loup de l'Intérieur. Un Sarkozy, un Valls..aucune importance ! Qu'il contienne derrière leurs barrières apaches et racaille, c'est tout ce qu'on lui demande.

Prudhomme l'éternel pontifie, il a, aujourd'hui comme hier, le "bon sens" avec lui, il connaît le peuple comme le colon connaît l'indigène et, vous ne le croirez pas.. il a même été quelque peu "gauchiste" en sa jeunesse mais il en est revenu.

" Voyez vous , quand on est jeune et qu'on est à droite, c'est qu'on n'a pas de coeur.. " Ensuite, avec l'âge et le le portefeuille, on plus de tête. L'humanisme ? Bon pour les écervelés.. et sans crainte du paradoxe, l'instant d'après, il sombrera dans la sensiblerie et s'apitoiera sur les malheurs d'un chevalier d'industrie.
Eternel recommencement.. Sauf peut-être moins de cercles et de salons pour réunir ces Prudhomme, Bouvard, Pecuchet.. Le Bourgeois n'aime guère sortir.

Il se claquemure dorénavant et (merci la technologie) vissé derrière son clavier, répand sa haine et ses lapalissades.

g2b2

Anonyme a dit…

oUPps ! En tête du post précédent, lire Parti et non pari..

Anonyme a dit…

Le Bourgeois, disais-je, l'éternel bourgeois..

Tel un Bouvard ou un Pécuchet, il se pique de culture. Il aime le Beau, le Bien, le Vrai. Il goûtera parfois, à l'heure de la digestion, quelque rhapsodie hongroise mais quelques instants plus tard, n'appréciera guère que sa promenade ne soit gâchée par la vue d'un traîne-misère noiraud et dépenaillé.

Pour la religion, il ne craint guère les paradoxes.

Il la critiquera : il n'aime guère que celle-ci n'en vienne à lui dicter sa conduite, ne l'empêche de lutiner la bonne ou de tromper Madame. Il n'apprécie pas non plus qu'on en appelle à lui pour quelque devoir de charité.

Mais il en reconnaît l'intérêt. Le peuple a besoin de garde-fous. Il défendra les "racines chrétiennes" de sa société mais tancera l'employé qui refuse de travailler le Jour du Seigneur et qui l'empêche de faire ses emplettes le dimanche alors que, bien souvent retraité, il a tout loisir de les effectuer la semaine.

Quant à la religion du Juif ou du Mahométan, elle n'a rien à faire ici. Elle n'est que fatras de superstition, n'a inspiré aucun chef-d'oeuvre (Lagarde & Michard sont formels à ce sujet) et n'est vouée qu'à l'éradication.

La sensiblerie du Bourgeois, toujours prompt à pleurer quelques victimes convenables.. ne sera guère ébranlée quand son Thiers en viendra à fusiller quelques partageux affamés.

L'ère post-industrielle a éradiqué technologiquement la classe ouvrière traditionnelle.. mais le capitalisme libéral a ressuscité le Bourgeois-rentier du XIX° siècle.

Curieuse époque, non ?

g2b2

emile red a dit…

Messieurs bonjour !

Ce Flaubert était et reste un génie, j'avais sa lettre du 15 juin 1867 en réserve mais Gazi m'a devancé, c'est bien dans la bousculade qu'on reconnait les Grands Hommes.

Je voulais revenir sur un élément qui semble anodin mais prouve la duperie entretenue par l'"éditosphère" et son corolaire politique.
Philippe, tu dis avec la plus sincère relecture "beaucoup de Français pensent que les roms s'intègrent mal", cette phrase répétée en boucle et ad nauseam par nos thuriféraires de l'ordre propre et de la morale pyramidale n'est rien de plus qu'une escroquerie linguistique.

Si nous reprenons les termes exacts du sondage effectué par ces officines dont l'objectivité laisse songeur, la phrase était : "beaucoup de Français pensent que les Roms sont mal intégrés". Je ne veux pas jouer les râleurs de service, mais il me semble que cette tournure est volontairement à double sens quand les médias nous la livrent à sens unique.

Alors, les Roms sont-ils mal intégrés par manque de volonté de leur part et nous pouvons considérer que la phrase "s'intègrent mal" est synonyme ou bien est-il possible de comprendre qu'ils sont mal intégrés par la population ce qui est bien différent. D'une proposition active, leur responsabilité par des actes détestables, devient une proposition passive où leur responsabilité n'est plus en cause et où d'autres facteurs moins honorables entrent en scène.

Il est évident que dans ce sondage, les proportions sont incroyables, 90% des Français, pourtant à l'aune de la question et de la conclusion, on ne peut que les comprendre sans pour cela penser que ces gens aient exprimé le même point de vue.
Je remarque que cette rhétorique ambiguë est de plus en plus utilisée dans les sondages mais aussi dans les discours politiques ou dans les annonces commerciales (pub Bouygues sur la couverture 4G, par exemple), l'art n'est plus de convaincre par du tangible au demeurant vérifiable mais par une somme d'amalgames, de manipulations et d'éléments de langages qui doivent faire s'arracher les cheveux des communicants à qui on doit en demander de plus en plus...

Anonyme a dit…

La question était biaisée.

On peut se poser la question sur le but de ce type de sondages : recueillir une opinion publique à un moment donné ou recueillir un support à une agitation médiatique ?

On pourrait ainsi poser la question :

"Pensez-vous que la Femme aujourd'hui soit à sa juste place dans la société ?"

On obtiendrait le même type de résultats.

Des intégristes religieux, partisans d'un modèle patriarcal répondrait non, pensant qu'elle a délaissé les fourneaux et le soin aux enfants et un(e) féministe penserait qu'elle n'a pas assez de poids dans les affaires publiques..

Pour en revenir aux "Roms", que d'amalgames ! On mélange allègrement les nouveaux arrivants d'Europe de l'Est, aspirant à la sédentarisation et nos "Gens du Voyages" présents dans nos contrées depuis le Moyen-Âge, parfois n'ayant pas rompu avec les traditions de voyage, parfois bien enracinés.

Mais le Bourgeois, habitué au "bon sens" et aux raccourcis de la pensée, prompt au réflexe essentialiste, mettra tout "dans le même sac".

Ainsi, les faits-divers mêleront "mafias" gitanes et mendicité urbaine. Nos Manouches, Sinti, etc.. ont traditionnellement toujours penché vers des structures claniques propices aux clientèlismes et aux organisation de type maffieuses.. Les Corses aussi, les Italiens du Sud aussi, les Russes aussi, etc, etc..

Ira-t-on ainsi dire que Corses, Russes, Italiens, que sais-je encore sont par essence délinquants ? La droite xénophobe l'a longtemps dit en France pour les Italiens.. avant d'intégrer certains de leurs descendants au Front National, comme celui-ci commence aujourd'hui, et demain plus encore, à compter en son sein des descendants de nos indigènes d'Afrique du Nord.

On peut parler pour les Roms de "Loi du dernier". La dernière vague arrivée fédère la collectivité dans le rejet de l'allogène.

On peut penser à nos Israélites du début du XX° siècle, parfaitement intégrés et quasi-invisibles se retrouvant confrontés à l'arrivée de vagues plus "traditionnelles", plus voyantes, chassées de Russie par les pogromes et l'antisémitisme endémique.

Tous furent ainsi réunis en un même amalgame

L'affaire Dreyfus, la montée de l'antisémitisme qui culminera avec les lois antijuives de Vichy y trouvent ici en partie leur origine..

g2b2

Philippe Renève a dit…

Merci pour ces remarques très judicieuses, Gazi et Emile.

Je crois que ce sondage est aussi net pour indiquer un sentiment de manque d'intégration tout simplement parce que les Roms se voient : dans la rue, les mendiants, les femmes aux longues jupes, à la télé les campements démantelés (ou non) font que beaucoup de gens ne les considèrent pas comme étant des leurs, même sédentarisés (ce qui ne se voit pas...). Dans l'inconscient collectif ils restent les nomades voyants, aux coutumes et à la mise étranges, parce qu'ils ne se rangent pas dans l'anonymat commun.

Dans ce sens ils sont mal intégrés, simplement parce qu'ils gardent des particularités visibles qui en font des étrangers, même si beaucoup sont français. D'où ce sondage, qui fait bien ressortir cette grande distance entre le Français sondé et ces populations, d'ailleurs très diverses. C'est toujours cette confusion entre intégration et assimilation : la première ne nécessite pas forcément la seconde, mais la tendance est forte à considérer qu'il n'y a pas intégration s'il reste des différences de modes de vie. Les braves gens – et les autres aussi – n'aiment pas que l'on suive une autre route qu'eux !

Le problème s'est bien sûr accentué avec la libération des frontières : comment s'étonner que des gens très pauvres et discriminés dans leur pays de résidence (Roumanie, Bulgarie) émigrent pour être un peu moins mal ? Il y a un véritable problème de migration de ces populations, qui ne peut se résoudre en expulsant à tour de bras ; il persistera tant que les pays en question maltraiteront ces gens.

Anonyme a dit…

Un peu de poésie :

Bohémiens en voyage
Ch. Baudelaire.

La tribu prophétique aux prunelles ardentes
Hier s'est mise en route, emportant ses petits
Sur son dos, ou livrant à leurs fiers appétits
Le trésor toujours prêt des mamelles pendantes.

Les hommes vont à pied sous leurs armes luisantes
Le long des chariots où les leurs sont blottis,
Promenant sur le ciel des yeux appesantis
Par le morne regret des chimères absentes.

Du fond de son réduit sablonneux, le grillon,
Les regardant passer, redouble sa chanson;
Cybèle, qui les aime, augmente ses verdures,

Fait couler le rocher et fleurir le désert
Devant ces voyageurs, pour lesquels est ouvert
L'empire familier des ténèbres futures.


Philippe Renève a dit…

Ah oui, très bien vu : après Flaubert, Baudelaire : des phares de l'esprit.

Anonyme a dit…

Finalement, ces Roms, ce n'est bien que prétexte à démagogie.

Ce ne fut pas eux, c'en fut d'autres, le bouc émissaire se fabrique si facilement !

Ces phénomènes d'explosion raciste me font penser à ce qui donna naissance au fascisme et que l'on retrouve aujourd'hui dans le discours des droites extrèmes et de leurs compagnons de route.

Un discours vaguement "socialisant", soucieux de défendre les masses ouvrières (où ce qu'il en reste après la désindustrialisation), non contre la Bourgeoisie (On dirait aujourd'hui "actionnaires et fonds de pension) mais contre plus misérable qu'eux, accusé de tous les maux : travail à bas prix, rapines, parasitisme, quand ce n'est pas diffusion d'épidémies et sacrifices rituels..

L processus est connu : c'est celui qui vît dériver du socialisme originel les idéologies fascistes, toutes se plaçant comme "mouvements ouvriers" mais en y ajoutant un nationalisme agressif qui faisait toute la différence.

Le mot d'ordre originel insistait bien sur l'internationalisme (Prolétaires de tous pays..), la dérive fut lorsqu'on voulut limiter le progrès de la classe ouvrière, non plus dans son entier mais uniquement dans son cadre national.

L'internationalisme prolétarien remplacé par la "volksgemeinschaft" : les ouvriers y furent perdants, Si certains se rejouirent des épurations ethniques, au niveau de l'amélioration des conditions de vie et de la réduction des inégalités, la situation des masses fut bien pire qu'avant.

La façade "Troisième Voie" adoptée par le Front National, ses accents ouvriéristes, ne sont que la n.ème version d'une stratégie depuis longtemps éprouvée.

g2b2

Philippe Renève a dit…

C'est tout à fait ça, Gazi : rejeter la faute sur les pauvres, les faibles, plus facilement visibles et accusables, permet de détourner l'attention des véritables profiteurs. C'est la tactique de l'extrême-droite depuis toujours, soutenue et financée par les nantis.

Pendant qu'on parle des Roms on ne parle pas des banques qui empruntent à 1 % à la BCE et prêtent à 2, 3 ou 5 % aux Etats européens, ni des grandes entreprises aussi gâtées par Hollande que par Sarkozy.

Anonyme a dit…

Sinon : Vo Nguyen Giap est mort dans son lit..

Etonnant stratège, qui réalisa la synthèse de Sun Tszu, Mao Zedong, T.E. Lawrence et Napoléon et qui défit militairement avec peu de moyens, sinon ceux de la pensée, deux grandes puissances.

Qu'en retenir ? Que finalement tout est possible en ce monde bien souvent résigné.

Sur la décolonisation : un fantasme, bien de droite et qui disparaîtra avec la classe d'âge qui le porte : celui d'une repentance présumée de cette période, invoquée lorsque sont critiqués racisme, xénophobie et dérives nationalistes.

Quasiment toutes les sociétés ont, à un moment de leur histoire été colonisatrices. Certains regrettent peut-être ces périodes vécues alors comme de grands moments de puissance et de progrès.. d'autres, comme moi, y sont totalement indifférents.

La décolonisation était nécessaire. Les régimes qui en sortirent ne furent souvent que peu démocratiques mais ils sortaient d'une longue nuit de violence militaire et de prédation économique où des "aspects positifs" sont bien difficiles à extraire.

Pourquoi ce fantasme de "repentance" ? Je l'ignore..

Peut-être la France n'est-elle pas une puissance cinématographique du niveau des Etats-Unis, qui a réussi à exorciser sa défaite au Viet Nam en quelques oeuvres bien réalisées..

En tous les cas, ces rêves d'empires sont morts et enterrés et même si on peut regretter la splendeur de la marine à voile et la douceur des lampes à pétroles, ces temps sont révolus.

g2b2

Philippe Renève a dit…

Sur cette fameuse « repentance », peut-être bien que la mauvaise conscience est plus courante dans notre vieille Europe que dans la merveilleuse Amérique, tout simplement parce que l'humanisme y a – encore – quelques restes, même si cette forme de regret n'en est qu'un avatar parfois grotesque.

Philippe Renève a dit…

N'oublions pas non plus que les USA ont dû mettre dans leur poche, et leur mouchoir par-dessus, le souvenir des massacres d'Amérindiens qui ont été un des fondements de la conquête de leur territoire. Il leur fallait bien se donner bonne conscience en niant toute possible contrition ; ce refoulement s'étend tout naturellement aux colonisations, guerres de conquête et autres génocides ordinaires : le postulat de leur confort intellectuel et de leur sentiment national est que l'Amérique a son bon droit pour elle quoi qu'elle fasse et que son Dieu est avec elle.

Anonyme a dit…

Avec Dieu à de son côté : il fut un temps où une partie de l'Amérique doutait..

http://video.search.yahoo.com/video/play;_ylt=A2KLqIPouFJS5A4ATuz7w8QF;_ylu=X3oDMTByZWc0dGJtBHNlYwNzcgRzbGsDdmlkBHZ0aWQDBGdwb3MDMQ--?p=with+god+on+our+side&vid=622356dc6d1b00b36e0d6cd3cb3f6db5&l=2%3A03&turl=http%3A%2F%2Fts3.mm.bing.net%2Fth%3Fid%3DV.4572771291956994%26pid%3D15.1&rurl=http%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3DcAgAvnvXF9U&tit=Bob+Dylan-+BBC+Tonight+Show-+With+God+on+Our+Side+%281964%29&c=0&sigr=11aobolef&pstcat=religion&age=0&hsimp=yhs-yhsifmclone1&hspart=Babylon&tt=b

g2b2

Anonyme a dit…

oUPps : désolé de cette indigeste adresse mais le contenu reste agréable..

Philippe Renève a dit…

Bien vu, mais pour un Dylan combien de millions de rednecks convaincus de la justesse éternelle des combats d'Uncle Sam ?...

emile red a dit…

Ayant vécu 2 ans aux USA, je peux affirmer qu'une majorité d'Américains est dans une totale incapacité de regarder en arrière pour diverses raisons culturelles et circonstancielles.

Pour une grande part l'histoire est une notion ultra secondaire quand elle ne touche pas directement le processus politique du pays et l'alignement des présidents. Au collège, par exemple, les élèves apprennent par cœur la liste chronologique de ceux-ci mais leur appartenance, leurs actions décisives (excepté Roosevelt et le new deal) sont à peine évoquées, viennent ensuite, et suivant les états, les grandes initiatives intérieures et surtout extérieures quand celles-ci encensent la grandeur du pays en passant au large des déboires, ignominies ou intérêts souterrains connexes.

Au regard de cet enseignement sélectif, il est hors de question de traiter des massacres amérindiens ou des interventions brutales pour investir ou renverser quelconque gouvernement étranger, considérant que toute pratique blanche et américaine est pilotée, si ce n'est par dieu, par la dimension divine du pays.

Avec cette orientation mystique de toute une nation, on conçoit mieux ce culte du héros qui nous fait sourire en Europe mais qui atteint une forme d'obsession chez eux, du légendaire Davy Crockett en passant par Lindbergh, des acteurs de cinéma aux personnages Marvel, des présidents aux anciens combattants, leur encyclopédie des grands hommes (les femmes y sont très rares) ferait pâlir l'ensemble du vieux continent dans son histoire la plus ancienne, tant ce pays d'à peine deux siècles affiche comme surhommes.

Ainsi, l'hagiographie, ayant atteint un tel niveau de sanctification, laisse peu de place à l'histoire brute, éliminant du même coup tout évènement négatif ou dépréciant l'image nationale, tout en cantonnant les amateurs à quelques clubs de mordus ou les spécialistes aux murs des universités.
Avec cette conception egocentrée du monde et de son passé, il est donc inutile d'espérer que la repentance puisse seulement effleurer l'esprit nationaliste du commun des citoyens malgré les quelques soubresauts durant la guerre du Vietnam et aux exceptionnelles réactions aux interventions Afghanes ou Irakiennes...

Philippe Renève a dit…

En effet, ils vivent dans un monde de héros : il y a les bons héros, qui ne font que du bien, Uncle Sam par exemple, et puis les méchants héros, comme les communistes ou les islamistes, qui justifient les précédents. Dieu et le droit sont avec les bons ; un bon ne peut être mauvais et inversement.

Le confort intellectuel avec ketchup.

Anonyme a dit…

Tout à fait d'accord avec Emile !

L'Histoire, aux Etats-Unis, n'est généralement comprise et enseignée que comme une litanie de grands hommes et de héros changeant l'Histoire par leurs sages ou héroïques décisions ou actions.

Le contexte, les mouvements de fond, les actions collectives n'ont pas leur place dans une vision du passé qui rappelle celle de nos Lavisse d'autrefois.

Tout ceci, bien évidemment, en accord avec la promotion de l'individualisme et du libéralisme économique.

Howard Zinn avait publié il y a quelques années une "Histoire du peuple américain" passionnante, malgré quelques touches de moralisme un peu lourdes.

Lu récemment : la renaissance d'une "German Pride" aux USA, de la part de la communauté ayant fourni le plus important contingent d'immigrants aux Etats Unis, devant l'Angleterre et l'Irlande..

Mais, si l'Histoire n'est guère enseignée, à part celle des Pêres Fondateurs, Hollywood y pallie !

Le cow-boy WASP en est une pure création : la majorité de ces travailleurs de légende qui conduisaient le bétail jusqu'au terminal de chemin de fer d'Abilène étant en réalité des "Vaqueros" mexicains..

g2b2

Philippe Renève a dit…

Toute cette Histoire des USA sent l'hagiographie plus que le réalisme ; c'est une sorte de mythologie édifiante. De bons pèlerins sans tache (prêts à tout pour leur dieu), des pionniers valeureux (exterminant les Indiens), des cow-boys méritants (des types de sac et de corde), des bons fermiers au sud (racistes et intégristes), des GIs adorables (viols, massacres et drogue), c'est un Panthéon rarement remis en cause. Si on émet des réserves sur ces croyances qui fondent le lien social comme la Bible, on est, selon l'époque, communiste ou terroriste.
On imagine que les historiens des Etats-Unis doivent peser chaque mot de leurs études, qui restent sans doute une affaire d'intellectuels, donc méprisées comme il se doit par le Yankee moyen.

Anonyme a dit…

Le péché originel des Etats-Unis, c'est avant tout d'être une colonie.

Des groupes de personnes, chassés de leur région d'origine par l'intolérance religieuse, arrivés sur une terre "vierge" pour bâtir un monde selon leur idéal et légitimé par leur croyance et leur Dieu.

La population locale, au mieux sans foi digne d'être considérée ou au pire reléguée au rangs d'animaux sans âmes, n'ayant aucun droit à faire valoir face à une telle entreprise validée par le Divin.

Ce fut un temps une sorte de rêve américain extrème qui anima les dirigeants de l'OAS. Des colons coupant les liens avec la métropole (comme le firent les colons américains avec l'Angleterre) pour bâtir une société basée sur l'apartheid..

C'est aussi celui qui anime encore les ultra-nationalistes israéliens..

g2b2

emile red a dit…

Ce fut aussi l'attitude Serbe après la mort de Tito.

Toute la Yougoslavie devait être redevable des Serbes comme l'entité dominante et décisionnelle, mais les Serbes n'étaient redevables de personne en tant que petit frère de Moscou et représentant de la religion suprême et incontestable.

Les causes et les résultantes, ici ou ailleurs, sont toujours les mêmes, nationalisme exacerbé et sujétion au dogme religieux omnipotent d'un côté et répression abusive, lois d'exception et relations à l'étranger conflictuelles de l'autre.

On retrouve systématiquement ces éléments d'Israël à la Russie, de la Birmanie à la Chine, du Belarus à l'Iran, dans la plupart des pays Arabes et Africains mais aussi dans quelques démocraties occidentales comme les USA ou la Hongrie...

Philippe Renève a dit…

Bien d'accord. Le nationalisme est une plaie qui conduit à des sentiments de supériorité voisins du racisme ; n'oublions pas qu'entre 1870 et 1914 en France, il était admis que le Boche puait.

Philippe Renève a dit…

Avez-vous remarqué comme moi qu'en ce moment, les gays sont à la mode dans les médias ? Films, interviews, défilés, livres, coming-outs, la bien-pensance et le politiquement correct sont passés du côté des LGBT. L'hétérosexualité est devenue d'un banal navrant, qui tire vers le ridicule.

Le « libéralisme » a parfois un art merveilleux de détourner les citoyens des choses importantes de la vie réelle, en feignant par surcroît d'apporter un air de liberté.

Moralité : si tu es straight, tu es out.

Anonyme a dit…

Oui mais.. être "out", n'est-ce pas ne pas être "mainstream" ?

Même les néo-nazis du FPÖ autrichiens (Ceux chez qui Marine Le Pen va danser, le jour-anniversaire de la libération d'Auschwitz) se sont choisi un leader ouvertement homosexuel (L'ancien l'était aussi, mais de façon plus honteuse). C'est dire si le sujet ne choque plus guère..

Je maintiens que le "mariage pour tous" est une excellente décision, qu'elle aurait dû être prise dès le début du quinquennat et, même si elle ne résout aucun problème économique, n'a strictement rien coûté au contribuable.

L'homosexualité se banalise, et c'est tant mieux !

g2b2

Philippe Renève a dit…

Etre out ou borderline ? !
C'est bien sûr une excellente chose que l'homosexualité ne soit plus rejetée, mais de là à en faire un nouveau snobisme, une vertu mondaine voire artistique... Les médias sont plus bobos que les bobos !

emile red a dit…

Je crois que le drapeau arc-en-ciel est pourtant en voie d'oubli aujourd'hui, il est entré dans la norme parce que toute évolution sociale doit ou s'intégrer ou a vocation à disparaître.

Les nouveaux parangons sont les Rroms du côté plèbe, petit peuple et le féminisme dans les salons intellectuels côtés et référentiels...

Philippe Renève a dit…

Ah, la classe de Rachida, c'est merveilleux !

Wald a dit…

Salut tout le monde,

Une semaine de séjour à Marseille. Ville merveilleuse, passionnante, complexe, et, oups... multiculturelle.

Evidemment, zéro embrouille, zéro situation dangereuse. Dans cette ville qu'on dit pourtant livrée à des hordes de barbares surarmés. Merde quoi, j'ai même pas eu droit à une tentative de fauche visible à deux kilomètres, alors que ce fut le cas à Chambéry. Même la Savoie devient plus dangereuse, tout fout le camp mes amis, ah ah ah.

Philippe Renève a dit…

Bonjour Wald
Tu y mets vraiment de la mauvaise volonté : voir de la délinquance en Savoie et pas à Marseille, c'est une honte. Mauvais citoyen, va !

Anonyme a dit…

Marseille n'est pas une ville plus dangereuse qu'une autre. Quelle ville a pu recevoir les "étrangers" avec une unique recette " tous pareils" nous travaillerons ensemble et nous y arriverons!

Les problèmes des cités, développés à l'envie par les médias et les politiques ne sont pas plus importants que dans d'autres lieus. Marseille, 2ème ville de France continue, malgré ,les attaques, à vivre sa pluralité, n'en déplaise au FN.

Laissez nous réaliser nos rêves...
Silence sur le travail des associations, des bénévoles. Chut, Marseille est perdue. Puisque l'on vous le dit.?
Jeanne, marseillaise.

Philippe Renève a dit…

Jeanne, merci de cette mise au point. Il est certain que la délinquance, réelle ou supposée mais médiatisée, à Marseille arrange beaucoup de monde en politique, des opposants classiques aux racistes avérés en passant par les tacticiens du trouillomètre électoral.

Philippe Renève a dit…

Nous vivons une époque merveilleuse. Les parents sont accusés de ne plus tenir leurs enfants mais s'ils leur donnent une fessée ils peuvent être condamnés en justice : un père condamné pour avoir donné une fessée à son fils de 9 ans.

Me semble qu'il y a des coups de pied aux fesses judiciaires qui se perdent.

Philippe Renève a dit…

Les méthodes de la police de Valls et de Hollande n'ont parfois rien à envier en inhumanité à celles de l'époque Sarkozy-Hortefeux : Léonarda, 15 ans, arrêtée et expulsée pendant une sortie scolaire.
Le comble est que cette famille s'intégrait très bien, ce que Valls reproche aux Roms de ne pas faire.

Odieux. On croyait la gauche plus soucieuse du respect des hommes.

Philippe Renève a dit…

Hollande a déclaré hier « La seule obligation que nous avons c’est d’obtenir des résultats, sur l’emploi, la croissance, la sécurité. Obtenir des résultats, c’est une obligation. »
En somme, le même programme que la droite. On avait pris l'habitude – sans doute mauvaise – que la gauche lutte contre la pauvreté et les inégalités croissantes, combatte les pouvoirs des grandes entreprises et de la finance ; manifestement, ce n'est pas une priorité de la « gauche » actuelle.

Hollande a bien ajouté « l’action du gouvernement doit être entièrement tournée vers ces objectifs: la lutte contre le chômage, l’amélioration encore de la sécurité de nos concitoyens, la recherche de plus de justice et de solidarité », mais on sent bien que cette dernière est... dernière.

D'aucuns se demandent pourquoi de plus en plus de braves gens se tournent vers le FN. Mitterrand avait tué le PC, Hollande a tué la gauche.

Philippe Renève a dit…

A propos de la fessée condamnée en correctionnelle.

« Lorsque les pères s'habituent à laisser faire les enfants,

Lorsque les fils ne tiennent plus compte de leurs paroles,

Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter,

Lorsque finalement les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus, au-dessus d'eux, l'autorité de rien et de personne, alors, c'est là, en toute beauté, et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. »

Platon

emile red a dit…

Platon était un sage...

Assimiler la fessée à des violences faites aux enfants, il y a une marge que nos élus, nos juges, nos éditocrates franchisent en toute allégresse pourvu qu'ils puissent donner un coup de pied à Dolto et à la permissivité.

Philippe Renève a dit…

En fait, il faut que les parents des seuls enfants un peu turbulents, voire délinquants, tiennent mieux leurs gamins, qui empoisonnent la vie des bons Français. Quant à ceux-ci, parents des enfants sages, ils doivent respecter leur personne et leur volonté.

Pendant ce temps, la police française vient arrêter une gamine de 15 ans, parfaitement intégrée, pendant une sortie scolaire pour l'expulser avec sa famille.
Il faut comprendre, Emile : il y a d'un côté des gens bien, Français et sans accent, qui doivent choyer leurs enfants, et de l'autre des vilains parents et enfants à expulser ou à punir.

C'est pourtant simple : c'est exactement la mentalité bourgeoise du XIXe siècle. Protéger les enfants des classes aisées et punir ceux des classes inférieures avec leurs parents.

Philippe Renève a dit…

Dans cette affaire Leonarda, les médias et les politiques ont tout mélangé à plaisir : ce qui est odieux, c'est l'interpellation de l'adolescente pendant une sortie scolaire. La question de l'expulsion elle-même est différente et en l'occurrence c'est la loi qui a été appliquée ; on peut discuter de sa justesse mais pour le moment c'est la loi.

La réaction de Hollande est lamentable de pusillanimité et de maladresse ; voulant ménager tout le monde il propose ce que personne ne peut accepter. On se demande dans quel monde ses conseillers vivent – et lui-même.

emile red a dit…

Tu dis c'est la loi...

Malheureusement, ce n'est rien de moins sûr, pour la simple raison qu'en matière d'immigration, le traitement des mineurs se trouve confronté à des lois en cascade qui se contredisent et dans lesquelles le législateur n'a pas jugé bon d'inclure d'article abrogeant les textes précédents.
Au delà, les conventions européennes et internationales pour la protection de l'enfance, toutes ratifiées par la France, sont claires sur le sort des mineurs : pas d'expulsions.

Le seul dilemme qui est activé sans cesse, mais sans fondement, est le jeu d'écriture et de lecture, à savoir si le mineur est isolé ou sous la responsabilité parentale, dans ce dernier cas, ce n'est pas l'enfant qui est expulsé mais le ou les parents, impliquant de fait l'expulsion de l'enfant, malgré tout illégale puisque l'état est premier garant éducatif, moral et physique de tout enfant présent sur son territoire avant les parents.

D'autre part je ne vais pas lister le nombre d'articles de la constitution qui sont bafoués dans cette affaire, mais ceux ci interviennent aussi bien dans son préambule, dans la déclaration des droits de l'homme de 1789 qui lui est adjointe que dans son corpus légal.

Philippe Renève a dit…

Bien d'accord, Emile : je disais que c'est la loi mais ça ne veut pas dire qu'elle est satisfaisante. Le candidat Hollande avait promis de revoir toute la législation sur l'immigration ; on attend encore. Une mise à plat s'impose d'autant plus qu'on arrive à des situations absurdes comme d'expulser des enfants quand ils sont avec leurs parents.

Wald a dit…

Salut tout le monde

Un article intéressant, qui montre que l'on est loin des délires "obertoniens" sur une criminalité qui nous déferlerait dessus comme un tsunami (allogène bien sûr).

Certains des pays ont baisse de la criminalité et une baisse des incarcérations, preuve que l'acharnement sur Taubira tient du délire extrémiste.

Il parait qu'il faudrait être "dur avec le crime" pour certains et qu'il y aurait une corrélation mécanique avec la baisse actuelle de la criminalité en Occident dans les pays qui suivent cette politique. Sauf que cette baisse est d'une constatée partout, et de deux, d'autres facteurs que le nombre de prisonniers ont été invoqués.

Des corrélations farfelues, tout le monde peut en faire. Je sais pas, par exemple une corrélation entre les températures arctiques et la capacité des disques durs. Je suis sûr qu'on peut même trouver encore plus con.

http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/laurence-neuer/chute-de-la-criminalite-dans-les-pays-riches-comment-l-expliquer-06-08-2013-1711730_56.php

Philippe Renève a dit…

Bonjour Wald
Les causes des variations de la délinquance et de la criminalité sont difficiles à déterminer et sans doute multiples, comme le dit l'article.
Mais pour certains, des attaques simplistes et partisanes sont plus efficaces électoralement que des analyses sérieuses ; les arguments les plus primaires sont utilisés çà et là, par opposition plus que par raison.

Philippe Renève a dit…

La France est si critiquée, surtout par les Français, qu'on se console comme on peut : « Deutsche Qualität » ? Trois exemples de l’(in)efficacité allemande.

Sans être méchant, ça fait du bien !

emile red a dit…

Sur la qualité germanique (QueChoisir janvier 2010)

...... Citadine ............. Année Modèle

1 Toyota Yaris 1.0 ---------- 2003-2005
2 Toyota Yaris 1.0 ---------- 1999-2002
3 Honda Jazz 1.2 ------------ 2004
4 Peugeot 207 1.4 ----------- 2006
5 Mercedes Classe A 2.0 CDI - 2004-2008
6 Ford Fiesta 1.4 TDCI (=HDI) 2005
7 Fiat Panda 1.2 ------------ 2003
8 Toyota Yaris 1.3 ---------- 2005
9 Toyota Yaris 1.4 D-4D ----- 2003-2005
10 Peugeot 206 1.4 ----------- 2003-2006
11 Skoda Fabia 1.4 ----------- 2000-2004
12 Citroën C3 1.4 HDI -------- 2005
13 Peugeot 207 1.6 HDI ------- 2006
14 Renault Clio 1.5 dCi ------ 2005
15 Toyota Yaris 1.0 ---------- 2005
16 Seat Ibiza 1.9 TDI -------- 2002-2005
17 Toyota Yaris 1.4 D-4D ----- 2005
18 Renault Clio 1.5 dCi ------ 2003-2005
19 Volkswagen Polo 1.4 TDI --- 2005
20 Fiat Punto 1.3 MJT -------- 2003-2005

10 modèles français ou fabriqués en France contre seulement 2 fabriqués en Allemagne et 2 utilisant une technologie allemande (Ford Fiesta sortie des bureaux d'étude anglais et produite en Espagne).

Comment les idées reçues ont de beaux jours devant elles, sachant que depuis 6 ans, la fiabilité française est en forte hausse quand la fiabilité allemande ne progresse que sur le très haut de gamme...

Wald a dit…

Salut Philippe,

Dire que les classes supérieures connaissent les immigrés ou des personnes d'origine extra-européenne uniquement par les bonnes et deux ou trois clowns du show biz est faux et mensonger. Dans les grandes villes, il existe de très nombreux immigrés ou étrangers qui se fondent totalement dans la population.

Des Michéa, des Pinsolle, Obertone, Copé, Sarkozy tiennent un discours qui est "les classes populaires sont celles qui ont l'expérience de qui sont les immigrés". Or c'est faux. Du moins dans le sens où les classes supérieures ou les urbains ordinaires croisent de nombreux immigrés également. Sauf que les Michéa, Obertone & Co ont un postulat sous-entendu : immigré=délinquant=allogène irréductible et donc que les classes populaires sont les seules en phase avec la réalité de ce que sont les immigrés.

Contrairement à ce que disent certains, la réalité de l'immigration ne serait pas une sorte de criminalité ontologique, la perception des anti-immigrés n'est pas la seule possible, celle des "bobos" est tout aussi valable que la leur. Les cadres, scientifiques, étudiants étrangers (élèves ingénieurs, thésards en sciences) immigrés qu'ils croisent (et en grand nombre) sont une réalité qui n'est pas moins valable que celle de la délinquance. Donc quand ils disent que l'immigration n'est pas forcément liée à des problèmes, ils sont bien plus dans le vrai qu'un Obertone et ses fantasmes de journaleux raté (haineux parce que sous-fifre qui s'est retrouvé à écrire payé au lance-pierre ou gratos sur "Ring").

Pourquoi les urbains des grandes villes sont en général assez peu xénophobes ? Tout simplement parce qu'ils croisent de nombreux immigrés qui ne posent dans leur immense majorité aucun problème.

Philippe Renève a dit…

Emile, c'est bien ça : l'Allemagne a construit sa compétence et son marketing sur le haut de gamme, en équipements pour les ménages et surtout pour les entreprises. La demande de ces produits étant peu sensible aux prix, ils peuvent maintenir un euro fort qui leur permet des importations à bas coût. Mais de ce fait, les autres pays ont beaucoup de mal à être concurrentiels dans leurs exportations. Tant que l'Allemagne fera la loi à la BCE, la situation de changera pas ; on ne voit guère Hollande monter au créneau.

Philippe Renève a dit…

Wald, tu as tout à fait raison : pour certains, les immigrés sont au mieux des indésirables, au pire des délinquants. Ils ne voient pas, ou refusent de voir, les intégrations nombreuses dans tous les domaines et ne jugent la question que sur des faits divers, qui vont toujours dans le sens de leur xénophobie.
Pour une Leonarda, combien de cadres, de chercheurs, de professions libérales – et de métiers plus modestes – qui montrent qu'on ne peut réduire l'immigration à des fantasmes de bourgeois apeurés.

Anonyme a dit…

Bonjour,
Valls en route vers la présidence ?
Cette affaire Léonarda, dans le contexte actuel, aura servi de booster pour sa cote de popularité dans la tranche la plus réactionnaire de l'opinion.
Comme autrefois Nicolas S. et son "coup de kärcher"..
Ici l'expulsion pendant les heures de cours d'une Romanichelle qui refusait de s'intégrer, sêchait les cours et qui, cerise sur le gâteau, n'était pas d'une photogénie susceptible de tirer la larme au populo !
Bis repetita..
Un ministre de l'Intérieur qui se sent pousser des ailes, n'a nul besoin d'un projet de société ni d'une vision économique pour s'imposer, quelques postures bravaches suffisant à le rendre populaire.
Peut-être ferait-il bien de relire ce qui s'écrivit un jour sur les tendances apparentes de l'Histoire à la répétition :
"La première fois comme tragédie, la deuxième comme farce.."


Philippe Renève a dit…

En effet, cette affaire était un cadeau pour Valls et le FN.

Philippe Renève a dit…

Tapie, Woerth, comme larrons en foire... Le cadeau fiscal de Woerth à Tapie  : des dizaines de millions d’euros.

Ah les braves gens !

Après cela, il est difficile de croire qu'il n'y a pas eu connivence entre Sarkozy et Tapie, le second soutenant la candidature du premier contre de jolis cadeaux à l'occasion de l'affaire Adidas, qui était assez embrouillée pour faire passer ces libéralités.

emile red a dit…

Cette affaire Tapie est exemplaire au moment où on apprend qu'il urge de trouver 10 000 enseignants et que le chômage n'en finit pas de sombrer dans les abîmes.

Pourtant, au sein de cette armée de chômeurs qui grève nos comptes sociaux, il ne devrait pas être difficile de recruter ce personnel, or, les quelques millions nécessaires pour compléter leurs allocations afin de les muer en salaires décents ont échoué dans les poches de ce faquin aussi retord qu'un serpent et manipulateur qu'un scorpion et encore une fois sous la houlette de saint Sarkozy, notre bienfaiteur national...

Philippe Renève a dit…

Il y a heureusement des choses dont on peut se réjouir ; en voici une : le talent (et même un peu plus) de Natalie Dessay, merveilleuse artiste qui a par surcroît l'élégance de ne pas se prendre au sérieux.

emile red a dit…

Une belle et grande dame dont l'art et l'humanité redorent, contrairement à quelques crapules, le blason de cette grande ville qu'est Bordeaux.

Anonyme a dit…

Triste époque que celle où nous vivons.. et retours sur une polémique bien glauque :

On s'enflamma il y a peu, dans une Grêce en proie à des fantasmes d'aubes dorées autour du vol supposé d'un "ange blond" par des Tziganes prédateurs..

Pensez ! Un enfant blond comme les blés ne saurait être issu de noirauds aux cheveux couleur d'aile de corbeau..

Du très bête "Ces gens-là on toujours volé des enfants", à l'apparemment plus docte "Leur consanguinité traditionnelle explique le recours au vol d'enfants ", toute une gamme de commentaires dans notre fachosphère nationale avait relayé ce qui, finalement, n'était qu'une campagne xénophobe montée en soufflé.

Résultat de tests ADN à l'appui : l'enfant serait bien tzigane, bulgare, et son père bien identifié.

Une polémique du même niveau que la traite des blanches dans les magasins d'Orléans ou les "sacrifices rituels" de rabbins sanguinaires..

Cette décennie 2010, dans une Europe en proie à la crise économique, rappelle furieusement la décennie 1930..

g2b2

emile red a dit…

Ça me rappelle les péripéties familiales et un conte qui courut pendant quelques années après la guerre.
Mon grand-père maternel qui était technicien dans une grosse société mécanique participait à l'expansion de celle-ci et pour des raisons commerciales obscures séjournait dans la banlieue de Bucarest depuis 1939.

En 1940 lors du ralliement de la Roumanie aux forces de l'axe, il perdit son travail quand l'usine où il exerçait tomba aux mains de la garde fasciste. Il s'engagea alors chez un petit garagiste en attendant des jours meilleurs pour revenir en France jusqu'aux premiers pogroms début 1941 auxquels il échappa par miracle.

Un Turc qui vivait dans son immeuble et avec qui il n'avait que les rapports du voisinage précaire vint le trouver un soir pour le prévenir des massacres auxquels il avait assisté en rentrant tardivement de son travail. Cet homme qui n'avait aucune intention de rester sous la férule d'un pouvoir sanguinaire et versatile prévint mon grand-père qu'il partait le lendemain avec son épouse vers Istanbul d'où il était originaire et que s'il voulait les suivre, il serait préférable qu'il dorme chez eux jusqu'au départ.

Mon grand-père qui n'avait plus rien à faire dans ce pays et conscient du danger imminent, s'exécuta, ramassa ses quelques affaires dans une valise et traversa le palier. Deux heures plus tard, les miliciens défoncèrent sa porte avant de repartir bredouille non sans avoir réveillé notre Turc qui subit menaces et insultes jusqu'à ce qu'il annonce qu'il haïssait les Juifs et que s'il avait vu le voisin il le dénoncerait sans aucune vergogne.

Au matin, chargement terminé, le Turc ordonna à mon grand-père de s'allonger dans la partie arrière de ce qui ressemblerait aujourd'hui à une fourgonnette sous de vieux sacs marins et des baluchons faits à la hâte. Celui-ci n'en menait pas large, connaissant ce stambouliote uniquement de bonjour-bonsoir, il craignait quelque manigance ou revirement soudain à chaque fois qu'un arrêt intempestif barrait la route vers la Turquie.
Le périple dura indéfiniment, il fallait traverser la Bulgarie encore alliée du bout des lèvres aux Allemands. Mais plein de ressources et totalement imprévisible, le voisin produisait sans cesse des papiers divers, Russes ou Roumains, il permit même à mon grand-père de se montrer au grand jour après lui avoir confié une liasse d'autorisations et un passeport diplomatique franco-libanais. ===> Suite

emile red a dit…

Suite===>
Après quatre jours de folie routière indescriptibles, ils entrèrent dans Istambul où mon père fut accueilli avec d'inimaginables égards, notre Turc lui donna une immense chambre dans une énorme bâtisse, l'aida à trouver un emploi chez un tourneur où il resta jusqu'à fin 1945. Quand mon grand-père voulut se loger, son hôte fit mine de se vexer, il resta ainsi dans ce qu'il aimait appeler son appartement, non sans couvrir cette famille providentielle de tous les soins dont il était capable. A la fin de la guerre, de trois qu'ils était en plus des parents de notre homme, deux petits stambouliotes étaient nés que mon grand-père vénérait comme ses propres enfants.

Suite à divers aléas que génèrent ce genre de périodes troubles, bateaux imaginaires, billets falsifiés, correspondances absentes et longueur d'un voyage entre ruines et suspicions, après avoir quitté avec moult pleurs cette famille qui était comme la sienne, mon grand-père échoua à Toulon, dut passer par les mains des autorités durant près de trois mois et enfin pris le train pour Paris où ne l'attendait plus personne tant notre famille avait été décimée d'Anvers à Orly, ou de Lille à Bruges, éparpillée de ci de là, les survivants se comptaient, nul n'était revenu des camps et l'espoir n'avait plus cours.

En cinq ans aucune correspondance n'était arrivée ou n'avait trouvé attributaire, mon grand-père était déclaré disparu corps et âme. Quand il se présenta à son domicile d'Orly, la maison était vide, un voisin qui le vit ne le reconnut pas mais lui donna quelques renseignements. Réfugiée dans la Creuse et de retour depuis quelques mois, ma grand-mère et ses enfants étaient au cœur de Paris chez une vague cousine qui les hébergeait le temps de trouver un travail.
Quand mon grand-père se présenta chez la cousine, le soir même, ce fut la révolution comme seuls les Juifs ont le secret, des gens débarquèrent de tout le quartier, connus, inconnus, tous se précipitèrent voir le fantôme, et les fantômes, ils en avaient vu leur saoul, mais ils avaient besoin de ces retrouvailles, le mythe de l'enfant prodigue en chair et en os.

C'est alors que la rumeur se déclencha, six ans, la barbe, le cheveu rare, lunettes épaisses, un peu vouté, cet homme n'était pas mon grand-père... Il dut subir enquêtes et contre enquêtes, interrogatoires et questions, ma grand-mère pouvait affirmer qu'il était bien celui qu'il disait, personne ne l'écoutait, les autorités ne reconnaissaient pas ce bonhomme originairement belge, naturalisé, parti depuis des lustres et revenu par ses propres moyens. C'est un ancien combattant de 14-18 qui éteint tous les soupçons en 1948 quand il le désigna comme son copain de chambrée hospitalière suite à la bataille de Verdun où ils séjournèrent ensemble pendant près d'un an...

Anonyme a dit…

Vous m'avez rappelé mon grand-père,
même péripétie du côté italien. La traque, la fuite et la rencontre avec un "Juste". Merci
Jeanne Momo

Anonyme a dit…

Lu ce matin..
Le débat en cours sur "l'abolition" de la prostitution produit de curieux effets : un manifeste des "343 salauds" qui avouent plus au moins avoir eu recours à des prostituées..
Etonnant, on y trouve un grand nombre de "néo réacs" : Zemmour, Roufiol, Mr Barjot, etc..
Interdire la prostitution, pénaliser le client ? Je ne sais si ce serait un mieux et si ça ne pousserait pas les prostituées dans une clandestinité dangereuse.
La loi Marthe Richard était mal ficelée et d'une ambiguïté flagrante : le métier était autorisé mais impossible dans les faits à pouvoir être exercé légalement.
Toute personne tirant "bénéfice" de la prostitution, hors la prostituée elle-même, était coupable de "proxénétisme" (avec des catégories comme le fameux "proxénétisme hôtelier") et pourtant, les "travailleuses du sexe" étaient taxées par l'Etat..
Marthe Richard, étendard de la campagne pour la fermeture des "maisons", auréolée de sa gloire d'espionne de la Grande Guerre, était un personnage plus que douteux avec de nombreuses casseroles (des procès pour marché noir, chantage, escroquerie) et l'on peut se demander si la loi n'avait pas pour but de liquider une partie des exploitants de maisons closes pour les remplacer par d'autres, à la faveur d'une loi plus tardive rétablissant la situation antérieure.
Nombreux étaient ceux qui y croyaient à l'époque et les maisons restèrent closes et vides jusqu'à la fin des années soixante, qui vit disperser aux enchères le mobilier des "grandes maisons".. Le petit monde du proxénétisme établi ayant perdu tout espoir de réouverture des établissements..
Cela dit, ce manifeste est une curieuse réédition de celui des "343 salopes", nettement moins courageux (l'avortement était alors un délit grave) et nettement moins sympathique.
Cela dit, que MMr Barjot, Zemmour et Roufiol aillent aux P.. ne m'étonne guère !
g2b2

emile red a dit…

Ce problème de l'abolition est beaucoup plus profond qu'il n'y paraît, tant est si bien qu'il partage de façon irrémédiable le monde du féminisme radical.
Une véritable guerre des un-e-s contre les autres sévit sur internet et dans les rangs de tous les mouvements constitués ou non, à gauche, à la gauche de la gauche jusqu'aux groupes d'action anarchistes.

On y retrouve la lutte d'une liberté contre une autre, le dilemme de la possession et de la location de son corps, la nature contre la conscience, le thème de domination-soumission et toutes les rancœurs annexes accumulées pour différentes raisons personnelles, usuelles, religieuses ou idéologiques.

En vérité nous sommes arrivés au carrefour des libéralités, totales, accompagnées ou modérées formellement où on aperçoit certaines limites dans l'exercice de la réflexion et de la construction de raisonnements aboutis contre l'intime conviction et les diverses susceptibilités garnies d'orgueil et de prétention.

Anonyme a dit…

Emile, merci !
Tout ça me rassure.. car je n'ai aucune opinion tranchée sur la question.
L'exemple allemand des Eros Center me laisse dubitatif, car il n'a pas fait disparaître les proxénètes.
Ce qui est odieux, c'est l'exploitation mais il en est qui exercent un métier librement choisi, même si ce n'est pas - hélas ! - la majorité du genre. Après, que l'on considère que ce genre d'activité ne peut être banalisé me semble plus relever du puritanisme mais, poursuivre les clients plutôt que les prostitué(e)s me semble quelque part plus juste...
g2b2

Anonyme a dit…

Le coup médiatique escompté par les instigateurs et signataires du "Manifeste des 343" part en eau de boudin..

Le courage des signataires, d'abord, loin d'être à la hauteur de celui des (maintenant historiques) "343".

Très peu avouent "y être allés", d'autres regrettent d'avoir signé.. Plutôt minable, non ?

Quand au discours "droit à la différence sexuelle".. plutôt ambigüe cette demande de prise en considération des "besoins sexuels particuliers des hommes" et similaire aux discours intégristes incitant la femme à se couvrir dans l'espace public.

Comme l'a justement dit une ministre :

"Les 343 salopes réclamaient le droit à disposer librement de leurs corps, les 343 salauds réclament le droit de disposer librement du corps des autres".

g2b2

emile red a dit…

Il ne faut pas se leurrer, ce manifeste des 343 salopards n'est rien d'autre qu'un des avatars qui, avec "les bonnets rouges" et "la manif pour tous", permet à la droite ultra-conservatrice et extrême de rester en une des médias par d'éternelles polémiques.


Voyons tout d'abord le support, Causeur, ce fanzine boutonneux qui n'en peut plus d'éreinter tout ce qui pourrait être de sensibilité progressiste et dont les derniers articles ne traitent que de sujets chers aux rancuniers de la défaite de 2012, aux apologistes bleus marine et au thuriféraires de la droite forte ("Le droit du sang n’est pas sanguinaire", "Éloge d’Alain Juppé", "PEL, PEA, assurances vie : Quand l’Etat n’a plus de parole" ou "Peillon et Fioraso recréent les IUFM en pire"...), Causeur dont l'actionnaire principal n'est rien d'autre que l'extrême droitier Gérald Penciolelli ancien propriétaire de Minute épaulé par le plus connu Charles Beigbeder ex-secrétaire du MEDEF et soutien indéfectible de Coppé au sein de l'UMP.

Ensuite, scrutons les promoteurs de cette cochonnerie, en premier lieu, directrice de la rédaction de Causeur, vient Elisabeth Lévy qu'on ne présente plus tant son insupportable voix à détruit les tympans de tout téléspectateur qui s'est risqué à l'écouter déglutir ses haines islamophobes, homophobes ou ses rancœurs contre tous ceux qui dérange son engagement sioniste exalté.
Puis, frère de l'actionnaire sus cité, vient le transgressif Frédéric Beigbeder, en plein dans son domaine de prédilection qu'est la propagande tout azimut, défenseur de la jouissance à tout prix tant qu'elle reste un privilège des aristocrates tel son ami royaliste Ardisson. Il est aussi proche de Copé avec qui il a essuyé les bancs de Science-Po.

Enfin, les signataires, pour la plupart liés de près ou de loin aux personnes citées précédemment, soit qu'ils seraient des extrémistes notoires, soit des sionistes frénétiques, soit des droitiers pur jus, soit des aristos sans limite, soit les idiots utiles de ce canard boiteux et de ses turpitudes désaxées, dans tous les cas membres de l'entre gents bien loin de la condition féminine.

On ne peut que constater que les seuls moteurs de cette incartade provocatrice sont issus de ce torchon hideux, de ses affidés directs, et de la nomenclature privilégiée qui connaissent de la prostitution uniquement les salons feutrés et les réseaux de haut vol sans aucun rapport avec le commun misérable de la prostitution de rue.

Anonyme a dit…

Difficile de cacher sa gourmandise quand on voit dans quel embarras se trouve une partie de la blogosphère réactionnaire.

Drapant d'oripeaux "respectables" sa xénophobie obsessionnelle, elle s'est souvent piquée d'un féminisme opportuniste mais ici, hélas pour eux ! on trouve parmi les signataires de cette minable pétition ce qui tient lieu d'intellectuels en ces cercles (Zemmour, Roufiol, E. Levy..). Et d'avocats de causes fort suivies.. Ne manque qu'un Finkielkraut pour compléter le bouquet !
On pourrait dire que tombent les masques..
Malgré la présence d'une femme à la tête du Front National, on ne peut que remarquer que les tenants d'une vision réactionnaire de la société restent fidèles à eux-mêmes et ne peuvent imaginer pour les femmes que les rôles traditionnels de Maman.. ou de putain !

Happy Halloween à tous !

g2b2

Philippe Renève a dit…

Voilà un débat intéressant, merci les amis.
Pour ma modeste part (ça commence mal, hein !) je crois que l'activité de sexe tarifé est hélas inhérente à notre triste condition de bipèdes sexués : aucune culture, aussi sage ou autoritaire fût-elle, n'a jamais pu la supprimer.
Donc il me semble qu'il faut encadrer ces pratiques, pour éviter les exploitations de proxénètes ou autres, sachant que si on tente de trop interdire on risque d'avoir des activités clandestines où plus rien n'est contrôlable.
Réalisme et prudence sont les meilleures façons d'aborder la question, qui est tout sauf simple puisqu'elle touche plus aux instincts qu'à la morale !
Mais notre société est d'une rare hypocrisie, plus même que le XIXe bourgeois, puisqu'elle interdit le racolage sans prohiber la prostitution.

Philippe Renève a dit…

François Morel est décidément un très bon chroniqueur, qui traite cette histoire odieuse avec un mélange tonnant d'ironie et de sérieux : Du grand François Morel : « C’est pour qui la banane ? C’est pour toi, pauvre petite conne ».

Philippe Renève a dit…

La presse généraliste est parfois d'une incompétence qui touche à la bêtise pure et simple.
Voyez ce graphique du Parisien : sous prétexte d'illustrer joliment des proportions, il parvient à une ânerie monumentale puisqu'en dessinant stupidement des surfaces à partir de segments représentatifs des prix, il montre par les aires des carrés que 56m² font environ 4 fois 26m² ou que 75m² font environ 9 fois 26m².
Confondre une grandeur et son carré, il faut le faire. Navrant.

Anonyme a dit…

Triste époque !

En notre hexagone, un(e) ministre en exercice cible d'attaques racistes.. Un phénomène qui renvoie à l'époque de Mendès-France et de Léon Blum..

En la Sainte Russie, le tsar Poutine exile Nadejda Tolokonnikova plus loin encore (En Sibérie Orientale), pour avoir témoigné sur les conditions d'incarcération dans le goulag du régime..

g2b2

Philippe Renève a dit…

Bonjour Gazi

En effet, on n'avait pas vu depuis longtemps en France un tel racisme et si peu d'indignation contre lui. Il faut croire que le discours d'exclusion de l'extrême-droite et de la droite a fini avec le temps par être perçu comme habituel, donc normal. A force de créer des catégories à rejeter (les immigrés, les Roms, les SDF, les assistés, les musulmans, les jeunes de banlieue...) et de dresser ainsi les citoyens les uns contre les autres, les vieux réflexes racistes haineux se réveillent et se trouvent comme des poissons dans cette eau saumâtre.

Qui parle encore de solidarité, d'empathie, d'humanisme sinon pour les fustiger voire les moquer ? Personne. Mais partout on jette l'anathème sur tel ou tel groupe, on rend certaines populations responsables de tous les maux, on crie sa haine de l'autre parce qu'il est différent.
Le discours politique des vingt dernières années martelé par la droite est passé dans la tête de bien des citoyens ; il était fait pour ça. On ne voit guère du reste la droite soutenir Mme Taubira face au racisme ignoble qui l'a attaquée. Si les citoyens ne réagissent pas, demain les graffitis nazis sur les synagogues et les mosquées et les cris de singe dans les stades et dans les rues passeront pour banals.

Philippe Renève a dit…

C'est assez clair : à l'Assemblée, « quand Christine Taubira a débuté sa réponse en remerciant pour les soutiens reçus, tous les députés, sauf ceux de l'UMP, se sont levés pour l'applaudir. »
L'UMP fait passer l'antiracisme après l'opposition politique.

Anonyme a dit…

Une attitude honteuse dont ils auront à répondre par les urnes ou autrement. Envers Mme Taubira, c'est plus que du racisme, C'est la négation d'un être humain. Leurs chiens sont sans doute mieux traités.
C'est ce qui se voit dans les stades, les défilés "patriotiques";

L'adversaire politique n'existe plus, mais l'ennemi oui. Tous les gouvernements sont responsables, tous, par delà les frontières et les océans. L'Histoire est un éternel recommencement, nous le savons et qui a triomphé jadis gagnera à nouveau. En attendant des confrontations se profilent. Tiens, je vais relire la Guerre des Gaules.

Jeanne

emile red a dit…

Depuis que l'alliance entre les ultra-libéraux, les conservateurs et les réactionnaires a pris la main sur l'ensemble de la société, influençant tous les pouvoirs politiques, économiques et médiatiques, il ne faut pas s'étonner des dérives en cours.

La loi de la jungle ne pouvant se satisfaire du contrat social, les thuriféraires de la morale archaïque, les mêmes qui détiennent à la fois les moyens de diffusions et de pression et dominent la finance et l'économie, alimentent une grande campagne de dénigrement contre tout ce qui maintient l'équilibre social et les fondements de la république.

Il n'est donc pas surprenant de redécouvrir ces concepts entièrement destinés à détricoter la constitution et notre système social par le mépris, la fabulation ou la calomnie. Du droit-de-l'homisme à l'innéisme, de la laïcité à l'islamophobie, du racisme à l'homophobie, du droit de tout dire à la liberté d'expression, l'ensemble des garde-fou que deux siècles ont permis de construire dans la difficulté sont remis en question par ceux qui voudraient les manipuler pour leur seul intérêt propre.

Philippe Renève a dit…

Merci pour vos interventions très justes.

Nos sociétés sont en train de basculer vers un individualisme qui conduit à la détestation des autres. Pour réduire chaque citoyen à un client jouisseur et docile envers les pouvoirs économiques, la solidarité doit disparaître et chacun doit se prendre en charge et ne compter que sur lui-même : l'autre devient un concurrent, objet de l'agressivité qui pouvait s'exercer contre des oppresseurs.

Le malheur, la pauvreté ne sont plus ressentis comme venant d'en haut mais d'à côté. Le pauvre hait plus pauvre que lui, le salarié hait « l'assisté », l'immigré ancien hait le nouveau et dans toute cette haine le racisme est l'aboutissement absurde et délicieux qui fait trouver un ennemi simplement parce qu'il est différent.

Philippe Renève a dit…

La citation du jour

Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet.

Georges Courteline

Wald a dit…

Le fond de la pensée des mouvements racistes, réactionnaires et ultralibéraux actuels est très bien résumé dans l'article en lien.
http://www.contrepoints.org/2013/11/08/145504-depasser-la-democratie

Tout est dit dans le titre. Mais cet article exprime très bien au fond la pensée politique d'un Causeur ou Atlantico, c'est juste qu'ils y mettent les formes. Toujours la même idée ; les forces productives (qui ne voteraient jamais à gauche) sont de plus en plus étouffées par une autre partie de la population qui devient la majorité, mais cette majorité ne mériterait aucun droit politique, social ou légal et donc il faut remplacer la démocratie par autre chose. Là, leur pensée devient beaucoup moins claire et bien moins unanime, et pour cause, si il y a entente sur un ennemi (la social-démocratie), pour certains il n'y a que les métèques à mater, pour d'autres c'est 75% de travailleurs de tout niveau contre 25 % de "bronzés" et de parasites, pour certains ultralibéraux, c'est entre 1 et 10 % contre tout le reste. Quoiqu'il y ait du progrès, pour Ayn Rand, c'était dans les 0,001 % de surhommes et les autres des moins que rien.

Philippe Renève a dit…

Oui, Wald, la démocratie est bien gênante pour ceux qui veulent imposer leur système ultralibéral. Ou plutôt était, car on voit que maintenant en France, et dans beaucoup de grands pays européens, comme depuis longtemps en Grande-Bretagne ou aux USA, les deux grands partis verrouillent toute majorité et n'ont plus que de minces nuances dans leur politique. Ainsi en France le gouvernement « de gauche » mène une politique très proche de celle des gouvernements Fillon : subventions massives sans conditions aux entreprises, pression fiscale croissante pour les salariés modestes mais épargnant les plus aisés, baisse de la solidarité en matière de chômage, de retraites et de santé, etc.

Les ultralibéraux, c'est-à-dire le bras armé des élites économiques, sont donc parvenus à éviter l'écueil de la démocratie en uniformisant la pensée et l'action des grands partis d'une façon qui les avantage toujours.

La conséquence en est que le bonnet blanc-blanc bonnet de Jacques Duclos en 1969 est maintenant une réalité flagrante et que de plus en plus les citoyens ne supportent plus cet état de fait et se tournent vers des extrêmes qui le sont de moins en moins.

Philippe Renève a dit…

Décidément, le racisme de l'extrême-droite n'hésite plus à s'afficher en ce moment : la couverture de Minute est une belle illustration.

Anonyme a dit…

L'extrème-droite est en pleine ébullition !

D'un côté, stratégie d'entrisme dans les mouvements protestataires peu structurés en utilisant les bonnes vieilles recettes poujadistes qui firent entrer Le Pen en politique, poursuite de la construction d'une image "respectable" du Front National..

D'un autre, des "tradis" et extrémistes qui se sentent, eux aussi, portés par le vent et qui se lâchent, trop contents de libérer leurs pulsions racistes et gênent la campagne de relooking initiée par la fifille.

Il y a peu, une candidate du Front qui démissionne, dénonçant le double langage d'une direction au discours normalisé et le racisme décomplexé des militants.. et des Bretons de l'ago-alimentaire en crise outrés de la récupération de leur mouvement par l'extrème droite.. L'offensive "attrape tout connaît quelques ratés..

Au niveau visuel, ça coince aussi un peu : après le look "skinhead", le nouvel uniforme est bien moche sweat-shirt shirt rose (ou bleu canard) des "un papa-une maman" et bonnet rouge néopoujadiste.. La silhouette officielle du néo-fasciste offense tout autant la fois la vue que l'esprit.

Sinon, dans la blogosphère néo-réac, ça n'en finit plus de s'étriper sur le "droit d'aller aux putes" et, même si les conseils en image se dépèchent d'effacer les échanges et prise de becs les plus cocasses sitôt leur parution, cela permet de furtives tranches de rigolade..

Philippe Renève a dit…

Le FN, dopé par les positions de l'UMP sous Sarkozy, sent que le pouvoir est à portée de mains, au moins pour les municipales. Il se donne donc un look sage, comme il faut, cause gentiment à la télé, exclut les vilains racistes et ratisse ainsi un peu plus large. Il n'est alors pas étonnant que l'extrême-droite traditionnelle, aspirée par l'appel d'air, fasse flèche de tout bois pour exister en dehors du FN ; mais les frontières sont volontairement floues, ce qui permet par exemple aux racistes purs et durs de louvoyer entre les deux.
De toute manière, les provocations comme celles de Minute sont une technique ultra-classique de l'extrême-droite française ; le parallèle avec les années trente est de plus en plus manifeste. Provocation, indignation, dénégation puis de nouveau provocation, tout cela est bien connu.

Anonyme a dit…

Bonjour,

A propos de la vague d'expressions racistes publiques : dans la partie nauséabonde à façade respectable, on explique, on se fait pédagogues..

Taubira, quelque part l'a bien cherché ! Si l'expression laisse à désirer, elle a bien mérité ce qui lui arrive.

Finalement, pas de racisme réel, seulement des réactions de colère conjoncturelles.

Le parallèle avec les années trente est saisissant : pas d'antisémitisme, non ! Seulement des réactions spontanées et "quelque part" justifiées. La Nuit de Cristal, finalement, ne fut-elle pas une réponse, peut-être condamnée du bout des lèvres dans sa forme et son désordre, à un attentat sur la personne d'un diplomate allemand ?

Certains maires aujourd'hui, ne lancent-ils pas, sur le mode du "Allez-y, je vous couvre" qu'ils ne répondent plus de leur populace (ou plutôt, de leurs équipes de colleurs d'affiches) contre les camps Roms rempli de limousines de luxe, de caravanes somptueuses, et de montagnes de métaux précieux ? (Sans oublier, ça et là, d'innocents anges blonds volés à leurs légitimes parents).

Le racisme "conjoncturel" est une idée bien commode. Hélas, le racisme préexiste et est endémique dans certaines sphères, attendant l'éclaircie pour prospérer..

Il n'attend qu'occasions pour s'exprimer sans complexes et se parent d'oripeaux selon les modes du moment, s'affirmant "racialiste" "différencialiste", "identitaire","culturel", "laïque" voire même "féministe".. et n'hésiant pas à reprendre des symboles du camp adverse : les poings levés du Printemps Français, le bonnet phrygien (ou plutôt, sa caricature "Décathlon") les terme "résistance", les adjectifs comme "républicain"..

J'ai même vu qu'il existait une "Cause du Peuple" identitaire. A quand son interdiction ? J'aimerais bien voir Yvan Roufiol le vendre dans la rue, juché sur un tonneau !

G2B2

Philippe Renève a dit…

Bonjour Gazi

La perspective est réjouissante !

Le racisme depuis quelques décennies s'avance masqué ; mais le masque est de plus en plus petit et fin, et le visage hideux se cache de moins en moins.
Christiane Taubira a raison : le but ultime du racisme est de dénier la qualité d'homme à ceux qui sont différents du raciste.
On commence par traiter un Noir de singe ; on sait jusqu'où ça peut aller.

Philippe Renève a dit…

Et voici comment certains à l'UMP banalisent le racisme : Morano autant "choquée" par la une de "Minute" que par celle de "Marianne" sur Sarkozy en 2010."

Il est vrai que le cas de figure est un peu spécial ; Nadine Morano est parvenue à de tels abîmes de la pensée qu'il lui faut accomplir de grands efforts pour se surpasser dans l'étalage public de sa légèreté d'esprit autant que de sa lourdeur de parole.

Philippe Renève a dit…

Nettement plus futile : les Catalans ont une façon de rendre hommage qui surprend un peu... Le pape François, nouveau santon « ch...r»

Philippe Renève a dit…

Nous arrivons à la fin de cette page. Voici un lien vers la nouvelle.

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