lundi 27 mai 2013

Le secret des orchis boucs

Voici venir l'époque, bien tardive cette année, de la floraison des orchis boucs (Himantoglossum hircinum) et des orchis homme pendu (Orchis anthropophora).




Les orchis homme pendu ont parfois la beauté de la simplicité efficace.




Mais les orchis boucs cachent un secret.





En se rapprochant de cet univers de tortillons, de cotillons et de serpentins, apparaissent des danseuses.












Leurs têtes sont pleines de fantasmagories et de rêves colorés.




Leurs danses ensorcellent les insectes qui viendront les aimer.




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Photos Philippe Renève (Côte d'Or, 27 mai 2013)

samedi 11 mai 2013

Rigueur budgétaire : la grande illusion



Dans le film de Renoir, Boëldieu et von Rauffenstein n'étaient pas dupes de la comédie de la guerre.

Or, Hollande et Merkel pourraient se regarder de la même manière ironique lors de leurs tête à tête : la rigueur... hé !

En effet, depuis plusieurs années il se joue à l'évidence en Europe une comédie dramatique sur le thème des déficits budgétaires et des politiques d'austérité des Etats. Les acteurs, assez bons au demeurant, sont les gouvernements européens et les spectateurs les citoyens de cette Europe élargie.
Les auteurs, multiples mais bien unis, sont les grandes banques et les institutions financières, qui inventent des politiques économiques et budgétaires qui à la fois les préservent de leurs ennemis mortels que sont les faillites d'Etats et l'inflation et font porter aux citoyens la responsabilité des crises en les désignant comme seuls capables d'y apporter remède.
Les metteurs en scène, d'une remarquable efficacité, sont bien sûr la B.C.E., la Commission Européenne et le F.M.I. et l'Allemagne est le régisseur. Les décors sont de la Fédération des banques allemandes BdB et les costumes de l'Association Française des Banques.

Le scénario est le suivant.
Acte 1. Des crises de confiance envers les économies et leurs dettes, initiées par une partie de la finance, font tout à coup prendre conscience que les Etats sont trop endettés. L'Histoire a déjà vu pire, mais on feint de l'oublier puisque cette situation a été provoquée par les prêts bancaires aux Etats remplaçant la création monétaire qui leur est interdite. Krach des emprunts de certains pays, hausse rapide de leurs taux d'intérêt.
Acte 2. Le chœur s'écrie qu'il faut sauver ces pays, mais à la condition qu'ils appliquent des politiques d'austérité qui diminuent ces dettes insupportables. Crédits illimités pour renflouer les banques, récession, progression du chômage chez ces Etats.
Acte 3. Mise en place de mesures de rigueur étouffant les économies, faisant baisser le niveau de vie et exploser le chômage. Eclat de rire général, mais discret, chez la finance et les gouvernements, qui savent bien que les dettes ne pourront jamais être sensiblement réduites vu leur niveau, mais qui continuent à feindre de le croire.
Acte 4. Comme il était prévu, devant l'impossibilité d'obtenir rapidement des réductions des déficits dans un environnement de récession, des délais sont accordés aux pays les plus touchés, mais sur le ton du plus grand sérieux et avec une sévérité accrue, tout en sachant bien sûr qu'ils seront prolongés ad vitam eternam. Récession généralisée, faillites de grandes entreprises.
Acte 5. Avec l'aide de la finance,  investissements massifs en Europe des USA, de la Chine et des Etats pétroliers faisant craindre une mainmise sur l'économie européenne. Troubles sociaux, émeutes de chômeurs, répression et instabilité politique, sauf en Allemagne.
Première fin possible. Après quelques années, desserrement du carcan de l'austérité dans une Europe appauvrie devenue un bureau d'études pour les industries asiatiques. Explosion des profits des banques avec la reprise économique.
Seconde fin possible. Sortie de nombreux pays de la zone euro pour pouvoir dévaluer ; euro réduit à la zone mark ; moratoire de douze pays sur leur dette nationale. Les banques ont transféré leurs sièges et leurs actifs en Asie.
Epilogue (chanté en chinois, sous-titré en anglais, et dansé). Grande farandole des banques, qui se félicitent de leur prospérité continue mais regrettent le bon vieux temps où les Etats européens étaient leurs vaches à lait, qu'elles ont épuisées par des traites excessives.

Il faut noter que les spectateurs ne savent pas qu'il s'agit d'une fiction, car pour avoir une action sur la réalité la comédie doit rester dissimulée derrière l'illusion qu'elle crée.