vendredi 29 juillet 2016

Le paon du jour























Hier au jardin
Sur une feuille
Le paon du jour 
Me regardait



Photo Philippe Renève, 28 juillet 2016. Cliquer sur l'image pour l'agrandir.

jeudi 2 juin 2016

Châteaux de la Loire

Quelques clins d'œil d'avril.




Chambord

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Chenonceau




































Villandry





Photos Philippe Renève

lundi 4 avril 2016

La ratatouille


                 



Tous les ails mijotaient, les légumes tremblèrent,
Des sauces mitonnées les remous reculèrent,
Et du mets enchanteur dépassant la hauteur,
Des prodiges de Dieu l'immense exécuteur,
Le poivron apparut. Rougeoyant et superbe,
Parfumant les oignons dans la tomate et l'herbe,
De la poêle odorante enrichissant le fond,
Il se dresse en vainqueur dans le bouillon profond.


Ce fut alors qu'on vit des épices étranges
Renforcer puissamment les très goûteux mélanges ;
La violette aubergine eut l'effluve du thym ;
Les romarins d'azur flottant sur le festin
Heurtèrent les oignons par le feu embellis,
Et le bouquet garni, dans les ails amollis,
S'étonna d'embrasser, dans sa fine dentelle,
La courgette royale en sa fière rondelle.





Philippe Renève




Je remercie vivement mon camarade le regretté Alfred de Vigny, qui m'a montré la voie de la poésie épique dans son Déluge dont voici l'extrait concerné.


Tous les vents mugissaient, les montagnes tremblèrent,
Des fleuves arrêtés les vagues reculèrent,
Et du sombre horizon dépassant la hauteur,
Des vengeances de Dieu l’immense exécuteur,
L’océan apparut. Bouillonnant et superbe,
Entraînant les forêts comme le sable et l’herbe,
De la plaine inondée envahissant le fond,
Il se couche en vainqueur dans le désert profond.
(…)
Ce fut alors qu’on vit des hôtes inconnus
Sur des bords étrangers tout à coup survenus ;
Le cèdre jusqu’au nord vint écraser le saule ;
Les ours noyés, flottants sur les glaçons du pôle,
Heurtèrent l’éléphant près du Nil endormi,
Et le monstre, que l’eau soulevait à demi,
S’étonna d’écraser, dans sa lutte contre elle,
Une vague où nageaient le tigre et la gazelle.

Mon fils ayant eu récemment à apprendre et à réciter ce beau texte, ce qui lui valut un 20 sur 20, j'ai trouvé opportun de m'en inspirer pour glorifier l'admirable ratatouille, qui est à la cuisine européenne ce qu'Homère et Virgile réunis sont à la littérature.
Mes excuses les plus sincères à Alfred de Vigny pour les fautes de versification, qui montrent que je suis bien loin d'avoir son génie.



samedi 9 janvier 2016

Je me souviens des jours anciens



En ces temps d'éclatante prospérité et de bonheur général, il est de bon ton de dire que rien n'était mieux autrefois ; l'ombre d'un regret du passé vous rend ringard, pessimiste et has been. Seul l'avenir a un intérêt ; comme il est de plus en plus incertain, tout est défi, challenge et combat.

Cela étant dit, comparons un peu dans quelques domaines. Comparaison n'est pas déraison.

Hier, on se foutait pas mal de l'environnement mais on utilisait des bouteilles de verre consignées.
Aujourd'hui, COP21 triomphale et plastique jetable.

Hier on ne répandait pas des produits chimiques par millions de tonnes dans les champs.
Aujourd'hui on achète bio.

Hier on achetait des télés cathodiques très chères en économisant sur son salaire.
Aujourd'hui on achète des écrans plats pas chers en économisant sur ses indemnités de chômage.

Hier l'école avait pour but de rehausser le niveau des élèves en leur apprenant des choses qui les dépassaient.
Aujourd'hui l'école se met au niveau des élèves en leur apprenant ce qui les dépasse le moins possible.

Hier les salariés se battaient pour leur emploi et leurs salaires.
Aujourd'hui ils acceptent de travailler plus pour ne pas être mis à la porte.

Hier en cas de morosité de l'économie, on la relançait par l'investissement et la consommation. Aujourd'hui on l'étouffe par une austérité anti-déficits inefficace mais qui arrose les grandes entreprises.

Hier on parlait de stabilité, de perennité de l'emploi.
Aujourd'hui on parle de précarité rebaptisée mobilité.

Hier l'Etat se finançait auprès des citoyens.
Aujourd'hui l'Etat est obligé d'emprunter aux banques, qui le tiennent au creux de leur main.

Hier l'Etat et les collectivités embauchaient des médecins et des infirmières, des policiers et des gendarmes.
Aujourd'hui l'Etat et les collectivités ferment des hôpitaux, suppriment des postes de fonctionnaires et installent des radars au bord des autoroutes et des caméras dans les villes.

Hier on protégeait notre économie avec des droits de douane.
Aujourd'hui on la protège par des subventions aux entreprises.

Hier on gérait la France.
Aujourd'hui on gère les handicaps de la France face à un monde qu'on a totalement ouvert.

Hier on combattait les monopoles.
Aujourd'hui dans tous les grands secteurs de l'économie les concentrations sont faites et il ne reste qu'un, deux ou trois géants qui s'entendent comme larrons en foire.

Hier beaucoup d'entrepreneurs, de culture industrielle, avaient le souci de la prospérité à long terme de leur entreprise, avec une clientèle fidèle et une gestion soucieuse de l'avenir.
Aujourd'hui les financiers au pouvoir exigent un profit maximal immédiat, quitte à couler l'entreprise à terme.

Hier les entreprises produisaient en France et tentaient de s'implanter à l'étranger.
Aujourd'hui les entreprises délocalisent leur production à l'étranger et spéculent en France.

Hier était bien ce qui était éprouvé, durable et bien connu.
Aujourd'hui est bien ce qui est nouveau, éphémère et jetable.

Hier il y avait parfois des crises.
Aujourd'hui depuis quarante ans on nous dit que l'économie est en crise.

Hier on espérait que demain serait mieux. Aujourd'hui on sait que demain sera pire.

La finance, le marketing et la communication sont passés par là.

samedi 3 octobre 2015

Feuillages d'octobre

Un cornouiller sanguin (Cornus sanguinea)







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Il y a parfois un peu de vent.























Et même beaucoup.






Côte d'Or, octobre 2015.

Photos Philippe Renève